(Actualisé avec déclarations de Donald Trump)
par Stephen J. Adler, Steve Holland et Jeff Mason
WASHINGTON, 28 avril (Reuters) - Le président américain
Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis n'étaient pas
traités sur un pied d'égalité avec les autres pays par l'Accord
de Paris sur le climat, précisant à Reuters que Washington
déciderait d'ici deux semaines environ de se retirer ou non de
cet accord.
L'Accord de Paris, fruit de la conférence internationale de
la fin 2015 sur la lutte contre le réchauffement climatique, est
entré en vigueur en novembre dernier.
Donald Trump a répété durant la campagne présidentielle
américaine l'an dernier qu'il souhaitait voir les Etats-Unis
dénoncer cet accord, avant de dire qu'il n'excluait plus de
maintenir la signature de Washington en échange de meilleures
conditions pour les Américains.
Nombre d'entreprises, dont BP BP.L et Microsoft MSFT.O
ont exhorté les Etats-Unis à rester dans l'Accord de Paris,
adopté par près de 200 pays, afin de ne pas perdre en
compétitivité.
En outre, un groupe de neuf élus républicains a également
demandé à Donald Trump de s'en tenir à l'accord, tout en lui
recommandant de revoir à la baisse les engagements des
Etats-Unis en matière de réduction des gaz à effet de serre.
Donald Trump, qui fêtera samedi ses 100 premiers jours à la
Maison blanche, a précisé qu'il prendrait sa décision en la
matière dans "environ deux semaines", tout en estimant que la
Chine, l'Inde, la Russie et d'autres pays ne payaient pas assez
pour aider les nations les plus pauvres à lutter contre le
changement climatique.
"La situation n'est pas juste car ils ne paient pour ainsi
dire rien tandis que nous versons des sommes d'argent
considérables. Nous voulons être traités correctement", a-t-il
dit.
DÉSACCORDS ENTRE CONSEILLERS DE TRUMP
Une source au sein de l'administration Trump avait
auparavant dit à Reuters que des conseillers de la Maison
blanche se retrouveraient à nouveau en mai pour prendre une
décision définitive sur un retrait ou non des Etats-Unis de
l'Accord de Paris sur le climat après une première réunion à ce
sujet jeudi, a dit
Ce groupe de collaborateurs du président américain Donald
Trump, qui comprend notamment le secrétaire d'Etat Rex
Tillerson, le secrétaire à l'Energie Rick Perry, le conseiller à
la sécurité nationale H.R. McMaster ou encore le patron de l'EPA
(Agence de protection de l'environnement) Scott Pruitt, devrait
prendre une décision définitive avant un sommet du Groupe des
Sept prévu le 26 mai, a poursuivi la source.
Scott Pruitt rejoint le conseiller de Trump Steve Bannon
dans son hostilité à l'Accord de Paris. D'autres proches
conseillers du président, comme sa fille Ivanka et le mari de
celle-ci Jared Kushner, se rangent en revanche du côté Rex
Tillerson, ancien patron d'Exxon Mobil XOM.N pour qui
Washington doit rester partie prenante de l'accord.
Quant à Rick Perry, il estime qu'il serait préférable de ne
pas dénoncer l'accord mais d'en renégocier les termes en ce qui
concerne les Etats-Unis.
Barack Obama, prédécesseur de Donald Trump à la Maison
blanche, avait promis de faire baisser de 26% à 28% le niveau
des émissions de gaz à effet de serre entre 2005 et 2025.
La plupart des scientifiques disent que le monde doit faire
baisser le niveau de ces émissions pour limiter les effets du
changement climatique, dont la montée du niveau des mers, des
vagues de chaleur dévastatrices ainsi que de sévères tempêtes et
sécheresses.
(Avec la contribution de Timothy Gardner, Benoit Van
Overstraeten pour le service français)