Chute du pétrole : qui a parié avant Trump ?
information fournie par Zonebourse 25/03/2026 à 16:47

Sur le marché du pétrole, le signal était impossible à louper, lundi. Le Brent a décroché de 13,5% en quelques minutes, passant de 112 USD à moins de 100 USD. Selon le Financial Times, qui s'appuie sur les données Bloomberg, environ 6 200 contrats à terme sur le pétrole ont été vendus entre 6h49 et 6h50 (heure de New York), soit pile 15 minutes avant que Trump ne dégaine son téléphone. (Crédits: Adobe Stock)

Alors que Donald Trump multiplie les messages sur Truth Social pour calmer le jeu avec Téhéran, des mouvements d'argent massifs enregistrés juste avant ses posts font jaser la finance. Entre les volumes colossaux sur le pétrole, les gains records en Bourse et les démentis iraniens, les soupçons de manipulation commencent à viser très sérieusement l'entourage du président.

Le hasard a parfois le sens des affaires, mais en finance, le hasard a ses limites. Ce lundi, à 11h05, Donald Trump publie un message annonçant des "discussions très fructueuses" avec l'Iran et le report des frappes. Le résultat ne se fait pas attendre : les prix du baril s'écroulent de 13%. Pourtant, le vrai coup s'est joué 15 minutes plus tôt, dans un calme plat qui précédait la tempête.

Des millions de barils échangés dans le noir

Sur le marché du pétrole, le signal était impossible à louper, lundi. Le Brent a décroché de 13,5% en quelques minutes, passant de 112 USD à moins de 100 USD. Selon le Financial Times, qui s'appuie sur les données Bloomberg, environ 6 200 contrats à terme sur le pétrole ont été vendus entre 6h49 et 6h50 (heure de New York), soit pile 15 minutes avant que Trump ne dégaine son téléphone.

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Au même moment, une mise de 1,5 MdUSD tombait sur le S&P 500. Selon The Kobeissi Letter, 60 MUSD de profits ont été réalisés en un clin d'oeil. Ces deux paris énormes, lancés dans la même fenêtre de 2 minutes alors que tout le monde s'attendait encore à la guerre, posent question.

Quand Téhéran s'en mêle et que la blockchain parle

L'histoire a vite dépassé le simple cadre de l'argent. Quelques heures après le tweet de Trump, Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien, a nié toute négociation. Il a même accusé Washington de lancer des "fake news" pour manipuler les cours du brut. Cette version fragilise la crédibilité américaine, surtout quand on regarde ce qui se passe sur les sites de paris comme Polymarket.

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Petit rappel : l'un des intérêts de ces plateformes prédictives, c'est que tout est gravé sur la blockchain. Chaque pari y est public et horodaté à la seconde près, ce qui ne laisse aucune place au doute sur le timing des transactions.

C'est là que les choses se pimentent. Une analyse technique de la société Bubblemaps a flashé un groupe de 7 comptes interconnectés qui ont ramassé plus d'un million de dollars de gains. Ce parieur mystère a un taux de réussite de 83% sur les opérations militaires en Iran. Il avait déjà misé gros sur les frappes de juin 2025 et de février 2026, quelques minutes seulement avant les annonces officielles. Ces mouvements, qui ressemblent furieusement à du délit d'initié pour les experts on-chain (l'analyse des données gravées sur la blockchain), ont même forcé Polymarket à appeler l'entreprise Palantir à la rescousse pour essayer de stopper ces fuites d'informations.

Ce manque de clarté finit de plomber l'ambiance et laisse le champ libre à toutes les accusations. Le député Mike Levin a pointé du doigt les liens de Barron Trump avec Polymarket, où il siégerait au conseil consultatif. Cette proximité, couplée à des rumeurs d'investissements massifs de proches du pouvoir, fait hurler l'opposition qui voit là un conflit d'intérêts au plus haut sommet de l'Etat.

Une enquête impossible à la SEC ?

Forcément, avec de telles anomalies, tout le monde attend que le sheriff de la Bourse américaine sorte dans la rue. Mais l'action des autorités est bloquée par la politique. Une démission importante à la Securities and Exchange Commission (SEC), survenue le 16 mars, serait liée à des tensions internes sur la façon de gérer les enquêtes visant l'entourage du président, d'après les informations obtenues par Reuters.

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Ce n'est pas la première fois que cela arrive. En avril 2025, l'annonce d'une suspension des droits de douane avait déjà fait bondir le Nasdaq de 12%, avec des volumes très suspects enregistrés juste avant la communication. En réaction, des élus ont lancé en janvier 2026 une pétition pour interdire, par la loi, aux familles présidentielles de détenir des actifs boursiers.

En attendant une enquête sérieuse, ces mouvements sont pudiquement appelés des "anomalies".