Chine : Pékin prépare de nouvelles mesures pour enrayer le ralentissement économique information fournie par Zonebourse 21/08/2026 à 21:20
La Chine prépare de nouvelles mesures budgétaires en faveur des entreprises et des ménages, alors que l'affaiblissement de la demande intérieure éloigne l'économie de l'objectif annuel de Pékin.
Le vice-ministre des Finances, Liao Min, a annoncé vendredi qu'une part plus importante des dépenses publiques serait dirigée vers la consommation, parallèlement à un élargissement des subventions d'intérêts aux petites entreprises et aux particuliers. Les autorités promettent également de mieux coordonner les politiques budgétaire, monétaire et industrielle, mais n'ont pas encore précisé l'ampleur des nouveaux dispositifs. Pékin privilégie ainsi des aides ciblées et l'accélération de dépenses déjà budgétées plutôt qu'un plan de relance massif.
La pression s'est accrue après le ralentissement de la croissance à 4,3% au deuxième trimestre, sous l'objectif annuel compris entre 4,5% et 5%. En juillet, la production industrielle a encore progressé de 4,5% sur un an, mais les ventes au détail n'ont augmenté que de 0,6%. Depuis janvier, l'investissement en actifs fixes a reculé de 6,7% et l'investissement immobilier de 19,2%. Cette divergence entre une offre manufacturière toujours dynamique et une demande domestique déprimée prolonge les déséquilibres apparus après l'éclatement de la bulle immobilière en 2021. Faute d'un relais suffisamment puissant du côté des ménages, les exportations ont largement compensé le déclin de l'immobilier ces dernières années.
L'économiste Brad Setser estime que les exportations nettes ont apporté en moyenne plus d'un point de croissance annuel depuis le retournement immobilier et que l'excédent extérieur réel de la Chine avoisine désormais 5% du PIB. Sans soutien plus marqué à la consommation, le recul de l'investissement risque donc d'accroître la dépendance aux débouchés étrangers et les tensions commerciales. L'économiste Michael Pettis souligne toutefois que cette faiblesse est avant tout structurelle, car les ménages reçoivent une part trop faible du revenu national par rapport aux entreprises et aux administrations. Des crédits moins chers peuvent soutenir temporairement l'activité, mais un rééquilibrage durable supposerait surtout d'augmenter les salaires, les transferts sociaux et les revenus des ménages, quitte à accepter une croissance moins dépendante de l'investissement.