Chevron dépasse les attentes au T1 avec la solidité de l’amont
information fournie par Reuters 01/05/2026 à 12:18

Illustration montrant des chevalets de pompage pétroliers imprimés en 3D et le logo de Chevron

Chevron a fait état vendredi d’un bénéfice ajusté trimestriel au-dessus des ‌attentes, la hausse des prix du pétrole sur fond de tensions au Moyen‑Orient ayant soutenu son activité amont.

Le groupe a publié un bénéfice ajusté de 1,41 ​dollar par action au premier trimestre, nettement supérieur au consensus de 95 cents, selon des données LSEG. En revanche, le bénéfice global a atteint son plus bas niveau en cinq ans, en partie en raison d’effets de calendrier défavorables liés aux produits dérivés.

Le segment amont de Chevron, sa principale activité, ​a généré un bénéfice de 3,9 milliards de dollars (3,32 milliards d'euros), en hausse de 4% sur un an, la progression des prix du pétrole ayant dopé les revenus.

"Malgré une volatilité géopolitique accrue et les ​perturbations d’approvisionnement associées, Chevron a affiché une solide performance au premier trimestre, ⁠soulignant la résilience de notre portefeuille et la valeur d’une exécution disciplinée", a déclaré le directeur général Mike Wirth dans un communiqué.

Le conflit ‌en Iran a fortement perturbé les marchés mondiaux de l’énergie. L’interruption quasi totale du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a resserré l’offre et fait bondir les prix du pétrole jusqu’à 50% sur le trimestre.

Le bénéfice net sur la période ​janvier-mars s’est élevé à 2,2 milliards de dollars, contre 3,5 ‌milliards un an plus tôt. L’exposition de Chevron aux tensions au Moyen-Orient reste toutefois limitée, représentant moins ⁠de 5% de sa production totale.

DES RÉSULTATS AVAL DANS LE ROUGE

À l’inverse, les activités aval ont enregistré une perte de 817 millions de dollars, contre un bénéfice de 325 millions il y a un an. Ce recul s’explique en grande partie par des décalages comptables liés aux produits dérivés, qui devraient ⁠commencer à s’inverser dès le trimestre ‌suivant.

Son concurrent Exxon, a également fait état d’un impact similaire lié à ces effets de calendrier.

Chevron prévoit que des positions ⁠comptables d’environ un milliard de dollars seront débouclées et généreront des bénéfices au deuxième trimestre, a déclaré la directrice financière Eimear Bonner lors d’un entretien.

Hors ‌effets de calendrier, fréquents dans un environnement volatil, elle a souligné la solidité des activités sous-jacentes du groupe. "Nous constatons une progression ⁠des flux de trésorerie, une hausse des bénéfices, et tous nos plans sont en bonne voie."

EXPOSITION LIMITÉE AU ⁠MOYEN-ORIENT

Chevron est moins exposé à la ‌production au Moyen-Orient que ses concurrents. La production aux États-Unis est restée solide, dépassant deux millions de barils par jour pour le troisième trimestre consécutif, ​a indiqué le groupe.

Les volumes du premier trimestre ont légèrement reculé à 3,86 millions ‌de barils équivalent pétrole par jour par rapport aux trois mois précédents, en raison d’un arrêt au champ de Tengiz, au Kazakhstan, après un incendie.

Le flux de trésorerie disponible est ​également passé dans le rouge, à -1,5 milliard de dollars, en raison d’un recul des flux de trésorerie opérationnels. Ajusté des variations de besoin en fonds de roulement, cet indicateur est également en baisse par rapport à l’an dernier.

Eimear Bonner a réaffirmé l’objectif du groupe d’atteindre une croissance annuelle d’au ⁠moins 10% du flux de trésorerie disponible ajusté d’ici 2030.

Au cours du trimestre, Chevron a versé 3,5 milliards de dollars de dividendes et racheté pour 2,5 milliards d’actions. Ce montant est inférieur à celui du trimestre précédent, mais la directrice financière a indiqué que l’objectif annuel de rachats, compris entre 10 et 20 milliards de dollars, restait inchangé.

Le groupe a précisé que ses dépenses d’investissement sur les trois premiers mois de 2026 étaient supérieures à celles de l’an dernier, en partie en raison d’investissements liés à l’acquisition de Hess, compensés toutefois par une réduction des dépenses dans le bassin permien.

(Sheila Dang, ​version française Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)