* Première cotation prévue le 4 octobre
* La Chine a une approche amicale-Pirelli
(Actualisé avec précisions et citations)
par Agnieszka Flak et Elisa Anzolin
MILAN, 18 septembre (Reuters) - ChemChina renoncera à
contrôler Pirelli après son retour à la Bourse de Milan, une
décision destinée à prouver l'approche amicale de la Chine en
matière d'investissement en Europe, a déclaré lundi
l'administrateur délégué du groupe italien, Marco Tronchetti
Provera.
ChemChina a pris le contrôle de fabricant italien de
pneumatiques il y a deux ans en reprenant une participation de
65% dans sa holding de contrôle, le fonds d'investissement Marco
Polo.
Pirelli avait alors été retiré de la cote mais il fait son
retour à la Bourse de Milan avec une offre publique de vente
(IPO) destinée à mettre sur le marché jusqu'à 40% de son
capital.
La participation de ChemChina descendra ainsi à cette
occasion pour s'établir entre 45% et 46,7%, en fonction de
l'option de surallocation.
Pirelli a toujours dit que son actionnaire chinois ne se
mêlait pas de sa gestion. Sa participation ramenée sous la barre
des 50% vise à enfoncer le clou dans un contexte de craintes
suscitées par les investissements chinois en Europe.
La semaine dernière, le président de la Commission
européenne Jean-Claude Juncker a proposé un contrôle plus
rigoureux des investissements étrangers dans les entreprises de
l'UE jugées stratégiques, notamment technologiques ou
énergétiques.
Le président de ChemChina, Ren Jianxin, a récemment été
confirmé au poste de président de Pirelli et le conseil
d'administration compte une forte présence chinoise, mais un
ensemble de règlements protège le savoir-faire et la gouvernance
du groupe.
DES INVESTISSEURS CHINOIS "RESPECTUEUX"
"Ils (ChemChina) ont accepté toutes les conditions que nous
avons posées en matière de gouvernance", a déclaré
l'administrateur délégué de Pirelli, Marco Tronchetti Provera,
lors d'une conférence de presse au premier jour de la
présentation de l'IPO aux investisseurs.
"Ils veulent montrer que leur investissement est financier
et qu'il respecte l'autonomie et la responsabilité de la
direction et par dessus tout, les (actionnaires) minoritaires."
Le cinquième fabricant mondial de pneus, créé en 1872 et
entré une première fois en Bourse en 1922, devrait faire son
retour sur la place milanaise le 4 octobre après en avoir été
retiré en 2015.
La fourchette indicative de prix, entre 6,30 et 8,30 euros
par titre, valorise la société entre 6,3 et 8,3 milliards
d'euros. Pirelli espère lever jusqu'à 3,3 milliards d'euros, ce
qui en ferait la deuxième plus importante IPO de l'année en
Europe après celle d'Allied Irish Banks ALBK.I en juin, qui a
permis de lever 3,4 milliards d'euros.
Pirelli s'est recentré sur les pneumatiques haut de gamme
destinés à des marques comme Mercedes, Audi et BMW, les pneus
industriels et pour camions ayant été reclassés dans une filiale
de ChemChina.
Avec ces produits à forte valeur ajoutée, qui devraient
représenter quelque 63% du chiffre d'affaires d'ici 2020,
Pirelli veut se positionner comme un groupe industriel haut de
gamme.
La fourchette de prix représente 11,3 à 14,9 fois le
bénéfice 2018 estimé de Pirelli, un multiple supérieur à ceux
des concurrents Michelin MICP.PA et Continental CONG.DE - de
l'ordre de 11 - mais inférieur à celui du finlandais Nokian
NRE1V.HE , dont les pneus d'hiver haut de gamme et la situation
financière positive lui assurent un ratio élevé de 15,7.
Pirelli avait envisagé revenir en Bourse au premier semestre
2018, mais ses résultats positifs et des conditions de marché
favorables l'ont conduit à accélérer le processus.
Camfin, la société holding de Marco Tronchetti Provera, et
les banques UniCredit CRDI.MI et Intesa Sanpaolo ISP.MI
verront leur participation actuelle de 22% dans Marco Polo
ramenée à 10 ou 12%.
Le fonds d'investissement LTI, lié à Rosneft, aura entre 5
et 6,6%. Il sera tenu de conserver ses titres pendant une
période d'engagement ("lock-up") de 180 jours après l'IPO, plus
courte que celle des autres actionnaires historiques, ce qui a
alimenté des spéculations sur un possible désengagement une fois
ce délai écoulé.
Marco Tronchetti Provera a cependant assuré qu'aucun des
principaux actionnaires n'avait manifesté l'intention de se
désengager.
Pirelli intègrera un nouvel indice boursier dédié aux grands
groupes italiens d'"art de vivre", dans lequel figureront
également le constructeur de voitures de courses Ferrari
RACE.MI et le fabricant de boissons Campari CPRI.MI .
Interrogé sur sa succession, Marco Tronchetti Provera a
déclaré avoir déjà "un nom dans une enveloppe", ajoutant que la
personne qui lui succéderait appartient à son équipe.
Le patron de Pirelli, âgé de 69 ans, a dit qu'il ne jouerait
pas les prolongations après l'expiration de son mandat en 2020.
(Agnieszka Flak et Silvia Aloisi, Bertrand Boucey et Catherine
Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Véronique
Tison)