* Un partenariat pour développer des services digitaux
* De nouveaux services attendus courant 2018
* Chanel a pris une participation minoritaire dans Farfetch
par Pascale Denis et Sarah White
PARIS, 19 février (Reuters) - Chanel a annoncé lundi avoir
conclu un partenariat avec Farfetch portant sur le développement
de services digitaux dédiés à la maison de couture française et
passant par une prise de participation minoritaire dans le
capital du site britannique.
Si la griffe aux tailleurs de tweed et aux sacs matelassés
ne prévoit pas - pour le moment du moins - de se lancer dans le
e-commerce, elle souhaite en revanche offrir "de nouvelles
expériences et des services personnalisés" à ses clients.
"Il s'agit d'un partenariat d'innovation qui va s'étaler sur
plusieurs années pour mieux servir nos clients", a déclaré à
Reuters Bruno Pavlovsky, président des activités mode de Chanel.
L'investissement dans Farfetch témoigne de l'importance
stratégique de ce partenariat", a-t-il dit, indiquant sans plus
de précision qu'il s'agissait d'une prise de participation
minoritaire.
Des outils digitaux, passant par des applications mobiles,
permettront par exemple à un client qui le souhaite d'annoncer
sa visite dans un magasin où les vendeurs sauront ce qu'il a
aimé sur le site, connaîtront sa taille et pourront lui proposer
des produits conformes à ses attentes.
Chanel apporte déjà des services personnalisé à ses clients
réguliers et souhaite les étendre à un plus grand nombre, dans
son réseau de près de 200 magasins, a ajouté son dirigeant.
Pour Jose Neves, fondateur et PDG de Farfetch, les clients
du luxe attendent aujourd'hui un haut niveau de
personnalisation, d'autant plus qu'ils y sont habitués avec
Instagram ou Netflix et leurs bases de données.
"Il ne s'agit pas d'être big brother", se défend cependant
Bruno Pavlovsky. "Nous ne traçons pas les clients mais nous nous
organisons pour leur apporter ce qu'ils souhaitent chaque fois
qu'ils veulent nous donner des informations sur leurs envies."
Le service devrait être lancé dans le courant de l'année.
La marque aux deux "C" fait cavalier seul dans un secteur
tardivement mais massivement converti au e-commerce.
Elle vend depuis longtemps ses parfums et cosmétiques sur
internet mais s'est jusqu'ici toujours refusée à ouvrir un site
marchand dédié à ses collections de mode ou ses célèbres sacs
matelassés, pour préserver son attractivité.
Cette stratégie contraste avec la tendance générale qui voit
les acteurs du luxe accélérer dans le e-commerce, comme Louis
Vuitton (propriété de LVMH LVMH.PA ), Gucci (Kering PRTP.PA )
dont la croissance explosive est aussi portée par le digital, ou
Hermès HRMS.PA qui vient de relancer son site marchand.
Parallèlement à ses activités de vente de produits de luxe
en ligne, Farfetch, qui a racheté le magasin londonien Browns en
2015, développe des outils digitaux visant à améliorer
l'expérience des clients dans les magasins.
Fin 2016, son PDG avait déclaré à Reuters envisager une
introduction en Bourse dans les deux ou trois ans. Début février
2018, des sources proches du dossier ont déclaré à Reuters que
Farfetch avait été approché par des banques pour une possible
cotation aux Etats-Unis.
Le site compte notamment parmi ses actionnaires le géant
chinois du e-commerce JD.Com JD.O , le fonds Apax Partners, le
français Eurazeo EURA.PA ou Temasek, le fonds souverain de
Singapour.
(Edité par Dominique Rodriguez)