Casino va de nouveau céder des actifs pour se désendetter
information fournie par Reuters 11/06/2018 à 21:06

    * Le groupe va céder 1,5 md d'euros d'actifs non
stratégiques
    * La moitié des cessions interviendra en 2018, l'autre en
2019
    * Actifs immobiliers concernés, pas d'indication sur
Mercialys
    * Le titre a touché un plus bas historique en Bourse 

 (Actualisé avec conférence téléphonique, détails, cours)
    par Pascale Denis
    PARIS, 11 juin (Reuters) - Casino  CASP.PA  a annoncé lundi
un plan de cession d'actifs non stratégiques totalisant 1,5
milliard d'euros pour se désendetter, alors que son bilan
inquiète à nouveau les investisseurs et que son cours de Bourse
est à son plus bas historique.
    Le distributeur a indiqué, sans donner de détails, qu'il
s'agissait d'actifs "notamment immobiliers" - il est
propriétaire d'un certain nombre de murs de ses magasins,
notamment de son enseigne de centre-ville Monoprix.
    Le groupe n'a pas précisé si la foncière Mercialys
 MERY.PA , dans laquelle il détient plus de 40%, était dans le
périmètre des actifs concernés.
    La moitié environ des cessions devrait intervenir en 2018 et
l'autre moitié début 2019, a-t-il simplement annoncé.
    La dette financière nette du groupe, qui s'est à nouveau
alourdie pour totaliser 4,1 milliards d'euros à la fin 2017,
contre 3,37 milliards un an plus tôt, devrait ainsi être réduite
de l'ordre d'un milliard à la fin 2018.
    Ce plan vient s'ajouter à la cession prévue de Via Varejo
 VVAR3.SA , distributeur brésilien de produits électroniques mis
en vente en novembre 2016 mais qui n'a toujours pas été cédé.
    Le groupe a également confirmé ses objectifs financiers pour
2018 et précisé qu'il anticipait, au deuxième trimestre, une
croissance de ses ventes en données comparables supérieure à
celle du premier trimestre. 
    Son directeur financier Antoine Giscard d'Estaing a précisé
lors d'une conférence téléphonique que le résultat opérationnel
du groupe en France serait en progression d'environ 10% en 2018
et au-delà.
    Après des ventes décevantes en 2017, un avertissement sur
ses résultats en France et des résultats annuels jugés peu
lisibles et ne permettant pas de desserrer une contrainte
financière toujours prégnante, le titre Casino s'est effondré en
Bourse depuis le début de 2018.  
    L'offensive de Michel Edouard Leclerc dans la livraison à
domicile à Paris a fait le reste, selon les analystes de Bryan
Garnier.
    
    INQUIETUDES GRANDISSANTES
    Dans le même temps, les inquiétudes ont grandi concernant
les flux de trésorerie du groupe et les échéances de dettes de
Rallye  GENC.PA , sa maison-mère, dont les CDS ("credit default
swaps", instruments de couverture sur le risque de défaut) se
sont envolés.  
    Le titre Casino, qui abandonne 35% depuis le début de
l'année, a fini à 32,92 euros lundi soir, après avoir touché un
plus bas historique à 32,44 euros. 
    La dette brute de Rallye, qui détient 51% du capital de
Casino, est estimée à 3,16 milliards par les analystes de
Barclays. Celle de la Foncière Euris, qui détient 56,2% de
Rallye, est évaluée à 252 millions, et celle de Finatis, qui
contrôle 89,4% de Foncière Euris, à 96 millions d'euros.
    Attaqué par le fonds Muddy Waters à la fin 2015 pour manque
de transparence, pile de dettes et ingénierie financière
masquant la baisse de ses performances, Casino avait été dégradé
par l'agence S&P en catégorie spéculative, et avait déjà été
contraint de céder ses très rentables actifs asiatiques pour
regagner la confiance des investisseurs. 
    "Nous continuerons de générer du free cash flow et nous
tirerons aussi les bénéfices de nos cessions en 2019", a indiqué
le directeur financier.
    "Si nous faisons mieux, et plus vite, tout ce qui sera
réalisé au-delà de notre plan pourra être utilisé comme des
options créatrices de valeur pour les actionnaires", a-t-il
ajouté.  

 (Edité par Cyril Altmeyer)