* Carrefour est placé "dans de bonnes mains"-Georges Plassat
* Le dirigeant sortant se dit confiant dans l'avenir du
groupe
par Pascale Denis
PARIS, 15 juin (Reuters) - Le PDG de Carrefour CARR.PA ,
qui s'apprête à céder sa place à Alexandre Bompard le 18 juillet
à la tête du groupe de distribution, a défendu jeudi son bilan
et présenté son successeur sous les applaudissements des
actionnaires.
"Carrefour a renoué avec la croissance, les chiffres ne sont
pas brillantissimes mais ils sont bons (...) Le groupe peut
envisager l'avenir avec beaucoup de confiance", a dit Georges
Plassat lors de l'assemblée générale.
Le PDG estime avoir préparé l'avenir, jugeant que les
actions mises en place depuis son arrivée il y a cinq ans vont
porter leurs fruits.
La diversification des formats permise par le rachat de Dia,
l'amélioration de l'offre alimentaire avec le bio, la refonte de
la logistique, le redressement attendu des activités en Chine et
le développement du e-commerce sont autant d'éléments porteurs
pour l'avenir, selon lui.
"Certains pensent que nous avons été trop lents (dans le
e-commerce), c'est possible", a-t-il concédé, ajoutant cependant
que l'entreprise était "grande et lourde" et avait "besoin de
temps pour s'acclimater".
Arrivé en 2012, Georges Plassat a remis sur les rails un
distributeur à la dérive, qui avait divisé par deux ses
investissements et ses dividendes.
Mais le groupe, rattrapé par ses difficultés en France, son
retard dans le e-commerce et les problèmes persistants de sa
filiale chinoise, n'est pas parvenu à reconstituer ses marges
pour les aligner sur celles des bons élèves du secteur.
Souhaitant la bienvenue à son successeur, présent dans la
salle, il s'est dit convaincu qu'il "fera très bien" et que
"l'entreprise lui plaira", déclenchant un tonnerre
d'applaudissements.
Il a également évoqué les défis auxquels serait confronté
Alexandre Bompard, comme les pressions sur les marges imposées
par une "concurrence sauvage".
RÉMUNÉRATION VOTÉE À 69,6% DES VOIX
L'arrivée du nouveau PDG intervient à un moment délicat pour
Carrefour. La croissance du groupe a ralenti au premier
trimestre en France, où il perd des parts de marché, comme à
l'étranger. Ce tassement pourrait encore
s'accentuer au deuxième trimestre, selon les analystes.
En France, Alexandre Bompard devra trouver la parade dans un
environnement particulièrement difficile, où la guerre des prix
fait rage et où 45% du marché est détenu par des acteurs
indépendants non cotés - Leclerc en tête - qui n'ont pas les
mêmes exigences de rentabilité.
Au Brésil, deuxième pays du groupe, la crise économique et
la nouvelle baisse du real pourraient, selon certains analystes,
obliger à différer une nouvelle fois la cotation de sa filiale.
Georges Plassat, qui avait souhaité passer la main un an
avant l'échéance de son mandat prévue en 2018, souhaitait que
son successeur soit issu du groupe pour éviter une rupture dans
la stratégie et pouvoir le piloter pendant encore un an.
Mais le PDG de Fnac Darty FNAC.PA a eu la faveur des
grands actionnaires, la famille Moulin, propriétaire des
Galeries Lafayette (11,5% du capital), Groupe Arnault, holding
du PDG de LVMH LVMH.PA Bernard Arnault (8,7%) et Abilio Diniz,
le magnat brésilien du commerce (7,9%).
Jeudi, un deuxième représentant d'Abilio Diniz a fait son
entrée au conseil en la personne de Flavia Buarque de Almeida.
La résolution sur la rémunération de Georges Plassat (10,5
millions d'euros) a quant à elle été votée avec réticence, à
69,6% des voix.
Voir aussi :
* ANALYSE-Carrefour-Le futur dirigeant attendu sur les
hypers et le digital
* PORTRAIT-Alexandre Bompard, un audacieux à la tête de
Carrefour
(Edité par Dominique Rodriguez)