Budget 2027 : le gouvernement gagne du temps face à la pression de la dette
information fournie par Zonebourse 01/10/2026 à 14:19

Le gouvernement français a présenté jeudi son budget 2027, avec 43 milliards d'euros d'économies nouvelles, alors que les taux d'emprunt s'envolent sous l'effet des inquiétudes des investisseurs face à la dette. Le rendement à 10 ans a touché 4,9629%, son plus haut niveau depuis 2002, avant de refluer légèrement. L'accueil à ce stade est donc plutôt neutre à positif.

"Il est indispensable de revenir à l'équilibre. C'est pourquoi en 2027, nous reprenons le chemin de la consolidation", a déclaré le ministre de l'Economie Roland Lescure. L'effort total de redressement atteindra 54 milliards d'euros l'an prochain. Le texte prévoit des économies sur les retraites, un gel du point d'indice des fonctionnaires, ainsi que des coupes dans les budgets des collectivités et de la santé. Il réduit en revanche d'un tiers la surtaxe sur les grandes entreprises, selon l'épais dossier de presse de 147 pages qui décrit les mesures envisagées.

Le gouvernement vise un déficit à 5% du PIB en 2027, après avoir raté sa cible pour 2026 (5,4%), et table toujours sur un retour sous les 3% en 2029. La dette publique a atteint 119% du PIB fin juin, selon l'Insee. Lescure a assuré que "la signature de la France est solide", même si le mouvement mondial en cours sur le coût de la dette continue à peser lourdement sur la confiance.

Un objectif 2029 très peu vraisemblable

Sur les marchés, l'écart entre taux français et allemands (spread OAT-Bund 10 ans) a dépassé 130 points de base, au plus haut depuis 2012. Ce différentiel reflète la prime de risque exigée par les investisseurs pour prêter à la France plutôt qu'à l'Allemagne. Le Haut Conseil des finances publiques, qui s'est prononcé sur le projet, juge optimiste la croissance de 1% prévue par le gouvernement en 2027 et très peu vraisemblable le retour du déficit sous 3% en 2029, "sauf évolutions conjoncturelles très favorables".

"Même s'il était pleinement mis en oeuvre, ce budget ne ferait que ralentir la détérioration", souligne l'économiste Charlotte de Montpellier, chez ING, qui s'attend à un processus difficile. "Un accord parlementaire simple semble peu probable compte tenu de l'absence de majorité stable. Le scénario le plus plausible est que plusieurs semaines de négociations aboutissent à un budget amendé, mais sans rassembler suffisamment de soutien pour un vote formel", explique-t-elle.

En tout état de cause, ce budget permet surtout de gagner du temps, comme tend à le démontrer le léger reflux du rendement du 10 ans après sa publication.