(Actualisé avec réaction de Casino § 6-7-8)
BRUXELLES, 4 novembre (Reuters) - La Commission européenne a
annoncé lundi l'ouverture d'une enquête en matière de pratiques
anticoncurrentielles pour déterminer si les groupes français de
grande distribution Casino et Intermarché ont coordonné leurs
comportements en violation des règles de concurrence de l'Union
européenne.
Casino CASP.PA et Intermarché, deux des principales
chaînes de grande distribution en France, ont créé en novembre
2014 une centrale d'achat commune, baptisée INCAA. Casino s'est
ensuite tourné vers Auchan pour un rapprochement mondial.
La Commission craint que Casino et Intermarché ne soient
allés au-delà de l'objectif de leur alliance et ne se soient
livrés à un comportement anticoncurrentiel.
"Les alliances aux achats sont devenues essentielles pour
les chaînes de grande distribution. Elles permettent d'offrir de
meilleurs prix pour les produits de marques alimentaires et
d'hygiène, que les consommateurs achètent quotidiennement",
souligne Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de
la Concurrence.
"De tels avantages peuvent toutefois disparaître rapidement
si les détaillants utilisent ces alliances pour s'entendre sur
leurs activités de vente. Par conséquent, l'enquête de
Commission visera à déterminer si Casino et Intermarché ont
coordonné leurs activités de manière anticoncurrentielle",
ajoute-t-elle dans le communiqué de la Commission.
Contacté par Reuters, un porte-parole de Casino a indiqué
que le groupe exercerait son droit à se défendre en coopération
avec les différents services de la Commission.
"L'absence de toute entente anticoncurrentielle notamment
sur les prix de revente a pu être constatée par l'ensemble des
consommateurs durant la période visée par l'enquête", a-t-il
ajouté.
Intermarché s'est refusé à tout commentaire.
En Bourse, l'action Casino a effacé une partie de ses gains.
L'exécutif européen avait fait procéder en mai dernier à des
perquisitions dans le cadre de son enquête préliminaire sur les
groupes de grande distribution.
La Commission dit avoir à présent pour priorité de réaliser
une enquête approfondie sur ce dossier mais rappelle que
"l'ouverture d'une procédure formelle d'examen ne préjuge pas de
son issue".
(Bureau de Bruxelles avec Dominique Vidalon à Paris
Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français,
édité par Sophie Louet)