Bourse : quelle fin d’année pour les marchés ? La réponse de CPR information fournie par Boursorama 13/09/2017 à 08:15
Autant le dire tout de suite : depuis trois mois, le CAC 40 fait du surplace. L’indice des grandes valeurs françaises s’affiche même légèrement dans le rouge (-1% au soir du 12 décembre). Les amateurs de petites et moyennes valeurs ne s’en tirent guère mieux avec un CAC Mid&Small en progression de moins de 1%.
Lors de son rendez-vous trimestriel, la société de gestion CPR Asset Management a proposé plusieurs scénarios pour les mois à venir et trouvé un coupable tout désigné pour l’enrayement des places financières européennes.
L'euro a coupé les ailes du CAC 40
Ce coupable, c’est évidemment l’euro… ou le dollar, question de point de vue. Quoiqu’il en soit, la force et la vitesse de l’appréciation de la monnaie unique par rapport à la devise américaine sont exceptionnelles et ont logiquement pris entreprises et investisseurs de court.
Sur les trois derniers mois justement, la devise du Vieux Continent a gagné plus de 6% sur le billet vert. «Même pour les entreprises qui ont une politique de couverture, cette hausse brutale d’une devise majeure était difficilement prévisible», explique Arnaud Faller, directeur général en charge des investissements chez CPR.
La Corée du Nord n'a pas fait paniquer les marchés
Concernant, les raisons de cette hausse fulgurante, CPR évoque, pêle-mêle, des incertitudes aux Etats-Unis liées aux difficultés de Donald Trump, la normalisation de la politique monétaire de la Fed compliquée par la faiblesse de l’inflation, l’amélioration de la situation politique et économique en zone euro et la volonté des investisseurs de diversifier leurs placements en dehors du dollar américain.
Le regain de tension politique au niveau international a fini de brider la progression des marchés entraînant des pics de volatilité même si «ce retour de l’aversion pour le risque ne s’est pas matérialisé par des désengagements des actifs risqués et notamment des marchés actions».
+5% sur les trois prochains mois
La force de l’euro peut-elle continuer de lester les marchés européens d’ici la fin de 2017 ? L’équipe de CPR ne le croit pas. Elle considère que l’essentiel du phénomène est désormais derrière nous et que la parité ne devrait pas dépasser 1,20 dollar «compte tenu des fondamentaux des deux économies».
Elle estime même que celle-ci devrait, au pire, se stabiliser sous 1,20 dollar, mais c’est un retour vers 1,12-1,16 qui est privilégié. Côté macroéconomie, tout va à peu près bien avec une « croissance mondiale qui semble pour une fois synchrone et en légère accélération », même si l’inflation joue encore les arlésiennes.
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CPR reste donc favorable aux actions, de la zone euro et des pays émergents. Dans son scénario central, les actions de la zone devraient grimper de 5% dans les trois prochains mois alors que les marchés devraient consolider aux Etats-Unis avec une stabilité des taux longs US aux alentours de 2,30-2,40%.
La Fed va-t-elle enfin prendre le risque de déplaire aux marchés ?
Mais attention, parmi les risques de cette fin d’année, la valorisation «dans les hautes eaux» des marchés américains tient justement une bonne place. Une correction sévère reste possible et pourrait entraîner avec elle les places financières européennes. Un accident de marché « qui ne viendrait pas des bénéfices bien orientés des entreprises mais des taux » selon Arnaud Faller.
Et de pointer la possible mise en place d’une politique monétaire plus restrictive alors que l’écart de perception sur les taux américains entre la Fed et les marchés reste considérable. « Il va falloir un jour réconcilier les deux ». D'autant que CPR est catégorique : «Le regain de croissance économique mondiale ne peut plus justifier le maintien de liquidités aussi abondantes dans le système.»
Laurent Grassin (redaction@boursorama.fr)