par David Milliken et Andy Bruce
LONDRES, 7 mars (Reuters) - Charlotte Hogg, nommée le mois
dernier au poste de vice-gouverneur de la Banque d'Angleterre
(BoE), a reconnu qu'elle n'avait pas informé la banque centrale
d'un risque de conflit d'intérêts lié à la position de son frère
chez Barclays BARC.L , s'attirant les foudres des
parlementaires et de la BoE elle-même.
En poste à la banque centrale en 2013, Charlotte Hogg a été
nommée vice-gouverneur et chargée à ce titre à la fois de la
supervision des marchés financiers et des banques opérant en
Grande-Bretagne.
Dans une lettre rendue publique mardi, elle explique qu'elle
n'a mentionné expressément la fonction de son frère au sein du
comité stratégique de Barclays que lorsqu'elle a soumis des
documents à une commission parlementaire chargée d'examiner sa
nomination.
"J'aurais dû officiellement déclarer les attributions de mon
frère lorsque j'ai rejoint la Banque (d'Angleterre). Je ne l'ai
pas fait et j'assume entièrement la responsabilité de cette
négligence", explique Hogg dans cette lettre, adressée à la
commission du Trésor du Parlement.
Dans cette lettre, Hogg dit qu'elle a eu tort de dire à la
commission, le 28 février, qu'elle avait bien informé la BoE des
fonctions de son frère.
Anthony Habgood, président du conseil d'administration de la
BoE, organe responsable entre autres de la stratégie de
l'institut d'émission, a dit aux parlementaires que Hogg avait
commis une "infraction très grave" au code de conduite de
l'établissement. Il a toutefois admis qu'il n'y avait pas eu de
conflit d'intérêts réel.
Le Parlement n'a aucun droit de regard sur la nomination de
Charlotte Hogg mais Jacob Rees-Mogg, député conservateur
siégeant à la commission et qui n'a jamais ménagé ses critiques
envers la BoE depuis que l'institution est dirigée par Mark
Carney, s'est dit préoccupé par les réponses faites par les
membres de l'institut d'émission.
"Ce qui m'inquiète c'est que la banque (centrale), ou le
conseil, a l'air de prendre ça à la légère", a-t-il dit. "J'ai
d'abord été préoccupé par l'erreur de Mme Hogg mais à présent
c'est la réaction de la banque qui m'inquiète; elle manque pour
le moins de rigueur et se contente de signer un chèque en blanc
qu'elle nous demande d'endosser".
Hogg ajoute dans sa lettre qu'elle demandera aux trois
principaux comités de la banque centrale au sein desquels elle
siège à présent, d'examiner l'opportunité de prendre de
nouvelles dispositions pour gérer le conflit d'intérêts en
puissance.
(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc
Angrand)