par Trevor Hunnicutt
NEW YORK, 20 novembre (Reuters) - BlackRock BLK.N , numéro
un mondial de la gestion d'actifs, a décidé de confier à des
machines le soin de déterminer des choix d'investissements, via
la création de nouveaux fonds indiciels cotés (ETF pour
exchange-traded funds).
Le gérant américain, qui supervise près de 6.000 milliards
de dollars d'actifs, a élaboré un programme de développement de
fonds indiciels cotés qui laisseraient un programme informatique
choisir et classer les actions, montrent des documents remis à
la SEC, le gendarme des marchés financiers aux Etats-Unis.
Ces fonds baptisés "iShares Evolved", qui relèveront de la
gestion active, cibleront de grands ensembles sectoriels: la
finance, la santé, les médias, les biens de consommation
courante, les biens de consommation discrétionnaire et, bien
sûr, la technologie.
Les investisseurs s'appuient généralement sur des
définitions sectorielles établies par des fournisseurs d'indices
comme S&P Dow Jones Indices ou MSCI, mais qui peuvent paraître
contestables à certains.
Amazon AMZN.O , par exemple, n'est pas considérée comme une
entreprise des nouvelles technologies mais elle est rangée avec
les vendeurs de pièces détachées automobiles et d'autres
distributeurs au sein des biens de consommation discrétionnaire.
Si les ETF sont habituellement adossés à un indice dont ils
ont pour objectif de répliquer passivement la performance, les
nouveaux fonds indiciels cotés envisagés par BlackRock auront
recours à des techniques scientifiques, comme l'apprentissage
automatique des machines, pour déterminer sur quelles
entreprises miser.
"Le système de classification permet à une entreprise d'être
classée dans plusieurs secteurs plutôt que d'être assignée
uniquement à un seul secteur, reflétant la nature
multidimensionnelle de ces entreprises", écrit BlackRock dans
ces documents.
"Il faut s'attendre à ce que les éléments composant un
secteur évoluent de manière dynamique avec le temps pour
refléter des changements de modèles d'entreprise."
La création de ces ETF robotisés intervient alors que S&P et
MSCI ont entrepris de revoir en profondeur la composition de
leur schéma à 11 secteurs.
Elle représente aussi une initiative supplémentaire de la
part de BlackRock pour s'appuyer sur des produits relevant de sa
propre propriété intellectuelle plutôt que de suivre des
référents conçu par des fournisseurs d'indices. BlackRock a
ainsi lancé pour la première fois en juillet des ETF
obligataires reproduisant la performance de référents qu'il
avait lui-même conçus.
Voir aussi:
ENTRETIEN-La révolution des ETF est pacifique, dit BlackRock
ECLAIRAGE-L'essor des ETF se poursuit, non sans craintes
ECLAIRAGE-La révolution digitale, revanche pour la gestion
active?
(Bertrand Boucey pour le service français)