BlackRock souhaite accélérer la tokenisation de la finance traditionnelle information fournie par Cryptoast 20/10/2026 à 10:00
L’adoption de la tokenisation s’accélère au sein de la finance traditionnelle, mais certains obstacles restent encore en travers d’une prise en charge encore plus importante, selon le leader mondial de la gestion d’actifs BlackRock.
BlackRock souhaite simplifier la circulation des actifs tokenisés
Dans le cadre de son adoption toujours plus importante de la blockchain, la finance traditionnelle ne se contente plus d'en faire usage pour créer des actifs du monde réel tokenisés (RWA), comme les actions, les obligations ou les fonds monétaires. En effet, son objectif consiste également à transformer la manière dont ces actifs circulent au sein de ses infrastructures financières.
Une logique de « tokenisation de masse » récemment mise en avant par le président de la CFTC, Michael Selig, qui s'accompagne d'une volonté de « moderniser ses règles et sa réglementation afin de se préparer à l'ère des systèmes on-chain, de la tokenisation, du trading 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et de la finance agentique ».
De quoi motiver le leader mondial de la gestion d'actifs BlackRock à poursuivre ses initiatives déjà nombreuses dans le domaine. En effet, ce géant de Wall Street a déjà amené la cryptomonnaie au sein de la finance traditionnelle, notamment avec son ETF Bitcoin IBIT, mais il souhaite maintenant accélérer l'inscription de la finance traditionnelle sur la blockchain, dans l’espoir de rendre la circulation des actifs plus rapide et plus souple.
Et pour cause, les tokens associés aux fonds tokenisés du groupe - comme par exemple BUIDL - sont déjà utilisés comme collatéral sur le marché des cryptomonnaies, comme ne manque pas de le rappeler Dan Maley, qui supervise l’activité de gestion de trésorerie de BlackRock en Asie-Pacifique. Une utilisation qui s'avère tout de suite beaucoup plus compliquée au sein de la finance traditionnelle.
Le grand déblocage interviendra lorsqu’on pourra les utiliser dans l’écosystème financier traditionnel.
Dan Maley
Des obstacles sectoriels et réglementaires
À l'heure actuelle, les fonds monétaires conventionnels servent déjà de collatéral pour des positions de trading, notamment pour les marges initiales et de variation. Le problème ? Ces parts doivent être revendues (converties en espèces) avant de pouvoir être déplacées d’un acteur à l’autre.
Une situation que le principe de tokenisation pourrait très clairement résoudre, en permettant de transférer directement ces parts sans avoir à les revendre, et donc de conserver les actifs investis (et la rémunération associée) tout en continuant à les utiliser comme garantie.
Une simplicité apparente qui se heurte toutefois à une réalité de terrain plus complexe, selon Dan Maley, qui explique que cela suppose que les banques et autres institutions acceptent ces instruments comme collatéral, que les infrastructures de marché existantes puissent les intégrer et que la réglementation apporte une sécurité suffisante.
Parmi les problèmes identifiés, Dan Maley aborde un rapport du Fonds monétaire international qui décrit une finance tokenisée en proie à des problèmes de fragmentation des plateformes, d'incertitudes juridiques et de difficultés de connexion avec l’infrastructure financière existante. Dans le même temps, le directeur général de l'International Swaps and Derivatives Association (ISDA), Scott O’Malia, estime que plusieurs obstacles opérationnels freinent encore cette adoption attendue de la part de la finance traditionnelle.
Les questions relatives à la conservation et aux cadres de ségrégation, au traitement en capital et en marge, à la reconnaissance transfrontalière et à la sécurité juridique doivent être résolues par des normes sectorielles et une clarté réglementaire.
Scott O’Malia
Le but ne consiste plus seulement à créer des versions numériques d’actifs existants, mais à changer les « rails » sur lesquels leur propriété circule. Une situation qui pourrait bien trouver un écho favorable dans les stratégies réglementaires mises en place par la SEC et la CFTC afin de contourner le blocage du CLARITY Act, mais encore faut-il que les acteurs financiers décident de s'y engager pour de bon.
Source : Bloomberg
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