BlackRock préfère la dette d'entreprise aux obligations souveraines plus volatiles information fournie par Reuters 24/02/2026 à 10:21
BlackRock, le plus grand gestionnaire d'actifs au monde, a dit mardi privilégier la dette d'entreprise en raison des rendements plus élevés qu'elle offre alors que l'inflation ralentit, tout en avertissant que les marchés d'obligations d'Etat pourraient subir une volatilité accrue, les pays réalisant d'importants investissements dans la défense et les infrastructures.
BlackRock, qui gère 14.000 milliards de dollars, souligne dans un rapport sur les perspectives économiques que le ralentissement de l'inflation rend les rendements élevés des obligations d'entreprises plus attractifs en termes réels.
Cela compense le fait que les écarts de rendements par rapport aux obligations d'État, c'est-à-dire le "spread de crédit", sont à leur plus bas niveau depuis plusieurs décennies, a-t-il déclaré.
"La certitude que procuraient autrefois les obligations d'État n'est plus tout à fait la même", dit James Turner, responsable obligataire pour la région EMEA chez BlackRock, dans une interview accordée lundi à Reuters avant la publication du rapport.
"Alors que les fondamentaux des entreprises se sont globalement améliorés, on a généralement observé une tendance à la hausse des déficits publics... Les obligations d'État ont en fait été plus volatiles et moins sûres", ajoute-t-il.
Le gestionnaire d'actifs souligne que les entreprises ont bénéficié de la croissance économique continue aux États-Unis et en Europe et ont pu réduire leur niveau d'endettement.
Parallèlement, les marchés obligataires souverains sont confrontés à des défis, car les gouvernements continuent de dépenser massivement, en particulier dans le domaine de la défense.
Il cite notamment la France, qui subit la pression des marchés en raison de sa dette publique élevée et de l'incertitude politique, et la Grande-Bretagne, qui fait face à des perspectives de croissance incertaines.
Le rendement des obligations britanniques à 30 ans a atteint en septembre son plus haut niveau depuis 1998, tandis que celui des emprunts de la France de même échéance a touché en décembre un record depuis 17 ans, dans un contexte de négociations difficiles pour tenter de doter le pays d'un budget.
Les rendements évoluent à l'inverse des prix des obligations.
"Il y a toujours une place pour les obligations d'État", concède James Turner. "Mais nous préférons surpondérer la partie crédit."
Il dit par ailleurs que les incertitudes entourant les droits de douane du président américain Donald Trump après la décision de la Cour Suprême ne devraient pas modifier de manière significative la thèse de BlackRock, et cite la manière dont les économies et les entreprises ont bien géré l'incertitude liée à la politique commerciale en 2025.
"Il s'agit de voir au-delà du bruit", dit-il, ajoutant que les investisseurs devraient prêter également une attention particulière à la résilience des entreprises individuelles, car l'intelligence artificielle (IA) menace de perturber certains secteurs de l'économie.
(Reportage Harry Robertson ; version française Diana Mandia, édité par Blandine Hénault)