Binance, victime d'une cyberattaque, annonce la reprise des retraits de bitcoins
information fournie par Reuters 01/11/2026 à 10:02

L'illustration montre le logo de Binance et du code d'un pirate informatique

Binance, la plus grande plateforme d'échange de cryptomonnaies ‌au monde, a annoncé dimanche qu'une partie de ses clients pouvaient recommencer à effectuer des retraits d'actifs ​numériques après un vol de 6,3 milliards de dollars qui l'avait conduit à suspendre ces retraits.

Ce vol, a attribué à la Corée du Nord par le FBI, pourrait selon les analystes être le plus important ​en termes financier de l'histoire. Il s'ajoute à une série d'autres vols de cryptomonnaies, des pirates ayant dérobé l'année dernière pour 2,9 milliards ​de dollars de cryptos au cours de près de ⁠150 cyberattaques, selon les chercheurs de TRM Labs.

Binance indique sur son site internet que les ‌retraits ont repris à 06h00 GMT et que la première phase de cette procédure concerne 15 cryptoactifs, dont le bitcoin, l'ether, le XRP et le dogecoin.

Binance, fondé en ​Chine, a déclaré avoir couvert 6 ‌milliards de dollars de cryptomonnaies volées en utilisant les fonds de l'entreprise pour ⁠acheter des jetons de remplacement. Les 5% restants des jetons volés correspondent à des actifs moins liquides, dont l'acquisition dans les quantités requises pourrait prendre davantage de temps, selon la plateforme d'échange.

Le FBI a ⁠déclaré samedi qu'un groupe ‌nord-coréen soutenu par l'Etat, connu sous le nom de TraderTraitor, était responsable de l'attaque ⁠dont a été victime Binance.

Pyongyang dément depuis des années recourir à de tels groupes à des fins ‌d'espionnage, de vol financier et de génération de revenus. Sa mission à Genève et son ⁠ambassade en Chine n'ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Les forces de ⁠l'ordre ont observé des membres ‌de ce groupe convertir les actifs volés en cryptomonnaie "ether", a indiqué le FBI dans un communiqué, ajoutant ​qu'il s'attendait à un "blanchiment supplémentaire" de ces actifs grâce ‌à l'utilisation de technologies associées.

Des analystes avaient également imputé ce cyberbraquage à la Corée du Nord.

L'essentiel du vol s'est déroulé en ​une vingtaine de minutes jeudi soir et présentait des similitudes avec de précédentes attaques de grande envergure attribuées à la Corée du Nord, selon les sociétés américaines d'analyse de blockchains TRM Labs et ⁠Chainalysis.

Le président américain Donald Trump a toutefois déclaré samedi que les Etats-Unis n'étaient pas encore certains de l'implication de la Corée du Nord.

"Nous ne savons pas si c'est la Corée du Nord, mais si c'est le cas, nous en discuterons avec elle", a déclaré Donald Trump à la presse via un compte officiel de la Maison blanche sur X.

(Reportage Angela Christy et Shubham Kalia à Bangalore; Elizabeth Howcroft et ​Max Cherney; version française Claude Chendjou)