Berlin fixe ses conditions pour sa présence à Kaboul, Paris s'interroge information fournie par Reuters 02/09/2021 à 22:01
BRDO, Slovénie, 2 septembre (Reuters) - L'Allemagne est prête à réinstaller une présence diplomatique en Afghanistan si les taliban remplissent certaines conditions, a déclaré jeudi son ministre des Affaires étrangères Heiko Maas.
Dans une interview au Figaro, son homologue français Jean-Yves Le Drian a cependant déclaré que pour l'heure, les islamistes désormais au pouvoir à Kaboul n'avaient envoyé aucun signal positif concernant les exigences réclamées par les Occidentaux.
"Nous voulons un gouvernement 'inclusif' (à Kaboul), le respect des droits humains fondamentaux et des droits des femmes et l'Afghanistan ne doit pas devenir à nouveau un terreau pour le terrorisme international", a déclaré Heiko Maas à la presse en marge d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE en Slovénie, qui exerce actuellement la présidence du bloc.
"Si ces conditions sont remplies, et si la situation sécuritaire le permet, nous sommes prêts à réinstaller une présence diplomatique à Kaboul", a-t-il ajouté.
Contrairement à la Russie et la Chine, l'UE et la plupart des pays occidentaux ont fermé leurs ambassades à Kaboul, ce qui réduit leur possibilité de peser sur le nouveau gouvernement dans le pays, que les taliban promettent de dévoiler prochainement.
Dans son entretien https://www.lefigaro.fr/international/jean-yves-le-drian-l-afghanistan-n-est-pas-synonyme-de-declin-americain-20210902
au Figaro, Jean-Yves Le Drian souligne que la France jugera les islamistes afghans "sur la levée des entraves pour ceux qui veulent quitter le pays ; le libre accès de l’aide humanitaire sur le territoire ; la rupture totale avec toute organisation terroriste ; le respect des droits fondamentaux, notamment celui des femmes".
"C’est aux talibans de prouver qu’ils sont prêts à respecter ces exigences dans un futur gouvernement de transition dans le cadre des négociations de Doha. Et pour l’instant, nous n’avons aucun signe qu’ils prennent cette direction…", ajoute-t-il néanmoins.
(Rédigé par Sabine Siebold et Robin Emmott, avec John Irish à Paris; version française Jean-Stéphane Brosse)