Berlin, actionnaire de Commerzbank, rejette l'offre "agressive" de reprise d'UniCredit information fournie par Boursorama avec AFP 16/06/2026 à 09:59
L'Allemagne, actionnaire à 12% de Commerzbank, a rejeté mardi l'offre hostile d'échange d'actions d'UniCredit, privilégiant l'indépendance de la banque et dénonçant une approche jugée "agressive " du groupe italien.
L'offre ne présente "pas de prime suffisante" par rapport au cours actuel du titre Commerzbank, selon un communiqué de l'agence fédérale des Finances (Finanzagentur).
Une telle offensive est politiquement sensible en Allemagne où l'État fédéral allemand reste le deuxième plus important actionnaire de la banque francfortoise, héritage de la crise financière de 2008.
Au-delà des considérations financières, Berlin met en avant les enjeux stratégiques.
Commerzbank "joue un rôle clé dans le financement de l’économie allemande et du Mittelstand", le tissu de PME exportatrices, et constitue "un employeur majeur et un pilier essentiel de la place financière de Francfort", que le gouvernement entend préserver, d'après le communiqué.
UniCredit propose notamment de faire des coupes dans le réseau international de Commerzbank, jugé trop complexe et inefficace, et de recentrer la banque sur ses activités en Allemagne.
Le chancelier Friedrich Merz estimait début mai que cette offre non sollicitée détruisait "la confiance" dans la deuxième banque privée du pays.
L'offre de la banque italienne, destinée à assoir son statut de géant européen, se termine officiellement ce mardi à minuit, sauf prolongation.
UniCredit s'est déjà félicitée lundi d'avoir dépassé le seuil de 30% qu'elle s'était fixé pour cette OPA, en l'ayant lancée alors qu'elle détenait déjà près de 27% des titres de la cible.
Au‑delà du désaccord sur la stratégie et le prix offert, les deux établissements s'opposent sur la manière dont UniCredit a réussi à rallier une partie des actionnaires pendant la période d’offre.
Selon Commerzbank, l'offre d'UniCredit a été largement soutenue par des acteurs de son propre écosystème et via des opérations impliquant des produits financiers dérivés, plutôt que par des investisseurs indépendants.
La banque a saisi la semaine dernière le superviseur allemand BaFin pour qu'il clarifie la situation, imité depuis par UniCredit qui rejette les accusations d'avoir diffusé des informations trompeuses.