Beiersdorf finit l'année 2025 en beauté, mais sa prudence pour 2026 suscite l'inquiétude
information fournie par Zonebourse 03/03/2026 à 10:50

Beiersdorf, le fabricant de la célèbre crème Nivea, a fait état lundi soir de prévisions prudentes pour l'exercice 2026, disant anticiper une croissance modérée de son chiffre d'affaires, voire possiblement nulle, accompagnée d'un repli de sa marge opérationnelle par rapport à l'an dernier, des annonces qui étaient sanctionnées par une chute de plus de 16% de son titre mardi matin à la Bourse de Francfort.

Le groupe allemand a déclaré s'attendre à des ventes stables, voire en légère progression, dans sa branche de produits de grande consommation cette année, contre une croissance organique de 2,5% en 2025, et alors que les analystes anticipaient une progression de l'ordre de 4%.

Dans son communiqué, la société justifie sa prudence par un marché des soins de la peau qui reste toujours aussi "difficile", marqué à la fois par une volatilité persistante et des consommateurs attentifs à leurs dépenses.

Selon Beiersdorf, la marge opérationnelle (Ebit) de ses activités grand public devrait s'inscrire en modeste repli cette année, alors qu'elle avait progressé pour s'établir à 14% en 2025, contre 13,9%.

Le groupe invoque, cette fois, l'impact de la hausse de ses coûts de production et le récent renchérissement de l'euro.

Nivea au centre des préoccupations

"Cela ne va pas manquer de soulever des interrogations quant aux mesures qui vont devoir être mises en oeuvre afin de redynamiser la croissance du coeur de métier qu'est Nivea", s'inquiètent les analystes de Jefferies.

En dépit du renforcement de la gamme via le lancement de nouveaux produits, la marque de crème pour la peau n'a pas accéléré autant que les investisseurs l'espéraient sur le 4ème trimestre 2025, signant une croissance organique de seulement 1,9%, là où le marché anticipait 3,8%.

La Prairie, davantage positionnée sur le segment haut de gamme, a également déçu en enregistrant une croissance interne de 3,8%, à comparer au consensus qui visait 4,5%.

Sa croissance au quatrième trimestre a néanmoins dépassé les prévisions grâce à la vigueur de ses ventes de produits dermatologiques (Eucerin) et de pansements (Hansaplast) et de son dynamisme commercial dans la région Amériques et les pays émergents, avec une croissance organique qui s'est élevée à 4,5% sur les trois derniers mois de l'année, contre 3,8% attendus.

Il y a presque trois semaines, son concurrent L'Oréal avait fait état d'une croissance organique de 6% au titre du 4ème trimestre, au lieu des 6,3% anticipés par le marché.

Le groupe, également fabricant des produits de soins pour lèvres Labello, a maintenu inchangé son dividende à un euro l'action et officialisé le lancement d'un programme de rachats d'actions de 750 millions d'euros devant s'étaler sur les deux prochaines années.

Une phase de transition ou une faiblesse plus profonde ?

Chez UBS, on dit redouter une année de "transition" sachant que Beiersdorf va devoir composer avec des difficultés sur ses marchés clés (Etats-Unis, Chine) et engager une recalibration stratégique chez Nivea, qui devrait nécessiter des investissements accrus pénalisant la rentabilité immédiate.

"La grande question est de savoir si Beiersdorf joue la prudence tactique pour se racheter après ses piètres performances de 2025 ou s'il s'agit de l'aveu de réelles tensions structurelles pour les mois à venir", résument les équipes de Bernstein.

Vers 10h30, l'action lâchait plus de 16% à la Bourse de Francfort, accusant de loin la plus forte hausse de l'indice STOXX Europe 600, qui lâchait 2,6% au même moment.

Dans son sillage, L'Oréal perdait 2,4% à Paris tandis que Unilever - dont la marque Dove concurrence Nivea - reculait de 2,7% à Amsterdam. L'indice paneuropéen regroupant les valeurs européennes liées au luxe et aux biens de consommation courante, le STOXX Europe 600 Industry Consumer Discretionary cédait lui 3,3%.