par Trevor Hunnicutt et Howard Schneider
WASHINGTON, 10 juillet (Reuters) - Nombre de banquiers
centraux de la Réserve fédérale (Fed) ont estimé, lors de la
réunion de politique monétaire des 18 et 19 juin, que des
mesures de soutien se justifieraient bientôt si les risques
affectant l'économie américaine ne se relâchaient pas et
plusieurs autres ont émis une opinion allant dans ce sens,
suivant le compte rendu de ladite réunion.
Plusieurs membres de la Fed ont dit que les taux devraient
baisser pour "amortir les effets" des conflits commerciaux où
sont engagés les Etats-Unis et raviver une inflation qui
n'arrive pas à atteindre l'objectif de 2% de la banque centrale,
lit-on dans les minutes publiées mercredi.
Tout le monde n'était pas convaincu.
Certains de leurs collègues ont jugé qu'il n'y avait pas
encore lieu de relever les taux d'intérêt et qu'il valait mieux
recueillir davantage d'informations avant de renouer avec une
politique monétaire plus accommodante que le président Donald
Trump appelle de ses voeux et que les marchés tiennent à présent
quasiment pour acquise.
Lors de cette réunion, la Fed avait laissé inchangé
l'objectif d'un taux des Fed funds dans la fourchette de 2,25% à
2,5% mais avait renoncé à être "patiente" avant de modifier les
taux directeurs.
Seuls quelques participants estimaient qu'une baisse des
taux immédiate était nécessaire mais tous les banquiers centraux
ont "convenu globalement" que les risques baissiers pour
l'économie "avaient crû sensiblement".
Après cette réunion, la Chine et les Etats-Unis ont décidé
de reprendre langue sur le dossier commercial mais le président
de la Fed Jerome Powell a dit récemment que les incertitudes
afférentes aux questions commerciales risquaient encore
d'affecter le sentiment des entreprises et donc leurs
investissements, ce qui pourrait justifier des mesures.
Les banquiers centraux ont débattu en outre des avantages et
des inconvénients d'éventuels nouveaux outils de maîtrise des
taux d'intérêt.
Une nouvelle facilité de refinancement a été évoquée, par
laquelle les établissements financiers pourraient échanger des
obligations d'Etat contre des réserves déposées auprès de la
banque centrale, mais aucune décision n'a été prise.
(Wilfrid Exbrayat pour le service français)