Bardella affiche sa sérénité avant le jugement de Marine Le Pen information fournie par AFP 06/07/2026 à 21:03
"Prêt" et au "travail", le président du Rassemblement national Jordan Bardella a voulu afficher sa sérénité lundi, à la veille du jugement de Marine Le Pen qui pourrait le propulser candidat à la présidentielle et focalise l'attention de toute la classe politique.
"Nous avons anticipé les différents scénarios", a assuré l'eurodéputé d'extrême droite, "prêt à assumer les conséquences" de la décision de la Cour d'appel de Paris.
Chef du groupe des Patriotes au Parlement européen, Jordan Bardella a fait un aller-retour express à Strasbourg lundi pour montrer qu'il était bien au "travail" et présent dans l'hémicycle, alors que ses détracteurs lui reprochaient ses absences lors du précédent mandat.
Il est reparti dans la soirée à Paris où il suivra mardi le jugement depuis le siège du Rassemblement national, avant de retrouver Marine Le Pen en fin de journée, a-t-il indiqué.
Quelle que soit la décision de la justice, "je continuerai de la soutenir comme je l'ai toujours fait", a-t-il assuré depuis Strasbourg.
"Nous nous sommes promis de mener cette bataille ensemble dans ce procès en appel, de faire campagne ensemble après, peu importe ce qu'il sera décidé dans quelques heures", a-t-il ajouté.
"Il est temps" que la campagne "démarre", a-t-il aussi déclaré.
Marine Le Pen saura mardi après-midi si la cour d'appel de Paris la condamne à une peine d'inéligibilité moindre qu'en première instance dans l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés, à l'époque où le parti s'appelait encore le Front national.
Au-delà de deux ans, elle devrait céder la place à son poulain et président du parti Jordan Bardella.
La déjà triple candidate à la présidentielle, qualifiée au deuxième tour en 2017 et 2022, pourrait également renoncer si elle se voyait contrainte par la justice de faire campagne avec un bracelet électronique.
Elle a déjà prévenu qu'elle donnerait sa décision le jour-même du rendu du jugement, peut-être le soir, au journal de 20 heures de TF1 où elle est invitée.
Le monde politique est dans l'expectative avant cette échéance déterminante pour l'élection de 2027 car si les deux profils sont distincts - Jordan Bardella, 30 ans, est présenté par ses adversaires comme jeune et inexpérimenté à côté de Marine Le Pen rompue à la politique - le Rassemblement national survole la totalité des sondages d'intentions de vote, bien au-dessus de 30%.
"Social" ou "libéral" ?
"On ne choisit pas ses adversaires, on les combat", a martelé lundi Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement sur franceinfo, interrogée sur l'identité du futur candidat de l'extrême droite.
"Je souhaite qu'on puisse rentrer dans cette campagne", a pour sa part déclaré Gabriel Attal, en déplacement lundi à Creil (Oise).
"Aujourd'hui, c'est un peu facile pour le RN et notamment pour Jordan Bardella pour fuir le débat et refuser la confrontation. On voit qu'il est dans une forme de rente de situation, à chercher à garder une forme de capital sondagier et politique", a ajouté le candidat Renaissance, qui a dit souhaiter débattre avec le candidat RN, quel qu'il soit.
Dimanche, lors de son meeting de lancement de campagne, Édouard Philippe a pris soin de lancer ses flèches autant à l'un qu'à l'autre.
Le RN "c'est un en même temps qui ne s'assume pas. Social dans le Nord, libéral dans le Sud", pour Marine Le Pen. Un RN "converti au libéralisme, à l'Europe, au capitalisme" et amateur de "petits fours à Monte-Carlo", pour Jordan Bardella, qui s'est affiché au Grand Prix de F1 de Monaco avec sa compagne, la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles.
Le président d'Horizons est dans l'immédiat le plus à même selon les sondages de contrer la candidature du RN et d'accéder au second tour.
De l'autre côté de l'échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon s'est lui dit dimanche persuadé d'"éliminer" - "peut-être" même dès le premier tour - le candidat du Rassemblement national quel qu'il soit.
"Le Pen ou Bardella, c'est le même programme mijoté dans le même jus xénophobe", a estimé de son côté le patron des socialistes Olivier Faure.