Barclays: Bénéfice stable au 1er trimestre, des provisions tempèrent la bonne tenue du trading information fournie par Reuters 28/04/2026 à 13:07
Barclays a annoncé mardi un programme de rachat d'actions inférieur aux attentes et une provision importante liée à la faillite du prêteur MFS, des données qui pèsent sur le titre de la banque britannique à la Bourse de Londres.
L'établissement a pourtant également fait état de résultats trimestriels conformes aux anticipations - aidés par une solide performance de sa banque d'investissement - avec un bénéfice avant impôts de 2,8 milliards de livres sterling (3,23 milliards d'euros) pour la période janvier-mars.
Ce total représent une légère hausse par rapport aux 2,7 milliards de livres sterling enregistrés il y a un an. Vers 10h50 GMT, le titre Barclays perd 0,3% contre une hausse de plus de 1,5% de l'indice Stoxx 600 des valeurs bancaires européennes.
L'action reste cependant en hausse de 104% sur deux ans, contre +82% pour l'indice sectoriel.
Le nouveau programme de rachat d'actions de Barclaus porte sur 500 millions de livres sterling, soit une somme inférieure aux attentes des analystes, qui tablaient quelque 614 millions de livres sterling.
Parallèlement, la banque a enregistré une provision de 228 millions de livres liée à faillite de MFS.
Les investisseurs s'étaient toutefois préparés à cette charge, après le défaut de MFS en février, une banque londonienne spécialisée dans les prêts immobiliers complexes. Cette faillite a ravivé les inquiétudes aussi bien sur la qualité de la gestion des risques de banques telles que Barclays que sur la santé du marché du crédit privé.
Les revenus de la banque d'investissement ont augmenté de 4% par rapport à l'année dernière pour atteindre quatre milliards de livres, conformément aux prévisions des analystes qui tablaient sur 3,9 milliards.
LA BANQUE D'INVESTISSEMENT EN RETRAIT FACE À SES CONCURRENTS AMÉRICAINS
Barclays, comme d'autres banques européennes, avait vu son action atteindre des sommets pluriannuels début 2026, soutenue par des revenus d'intérêts solides, des défauts de crédit faibles et un contexte macroéconomique favorable.
La banque devait également profiter au premier trimestre d'une hausse de l'activité de sa banque d'investissement, après de fortes performances de trading de grandes banques américaines, portées par la volatilité liée aux tensions au Moyen-Orient.
Les banques américaines continuent de surperformer leurs homologues européennes, bénéficiant d'un environnement réglementaire plus favorable, notamment en matière d'exigences de capital sous la présidence de Donald Trump, selon les analystes.
"Plus l'écart se creuse, plus la friction concurrentielle devient importante", a déclaré le directeur général de Barclays, C.S. Venkatakrishnan, à Reuters.
"Nous avons bien réussi à y faire face, et nous continuerons à le faire, mais c'est un avantage compétitif dont bénéficient les banques américaines", a-t-il ajouté.
Barclays a enregistré une hausse de 6% de revenus de marchés mondiaux, portée par une progression de 8% des revenus de trading obligataire en dollars, contre une hausse moyenne de 11% chez les concurrents américains, selon les analystes de Citi.
Les revenus du trading actions ont bondi de 23%, contre une moyenne de 26% chez les concurrents américains.
Les commissions de banque d'investissement ont progressé de 17% sur un an, contre 27% enregistrés en moyenne par les six plus grandes banques américaines, selon un calcul Reuters.
La banque a par ailleurs accru ses provisions d'environ 100 millions de livres pour couvrir l'indemnisation de clients du crédit automobile au Royaume-Uni, dans le cadre d'un dispositif lié à un ancien scandale de vente abusive.
(Rédigé par Lawrence White ; Mara Vilcu et Elena Smirnova pour la version francaise, édité par Blandine Hénault et Benoit Van Overstraeten)