PARIS, 6 juin (Reuters) - Le sentiment d'insécurité de
l'emploi s'accroît en France dans le secteur bancaire, révèle
une étude universitaire commandée par le Syndicat national de la
banque (SNB) publiée mardi.
La part des employés se déclarant d'accord avec le constat
"ma sécurité d'emploi est menacée", s'élève à 37%, contre 28,9%
au cours de la même étude menée en 2014 et 23,1% pour celle
réalisée en 2011.
Longtemps l'un des plus importants recruteurs en France, le
secteur bancaire n'est plus créateur net d'emplois, une tendance
structurelle qui s'explique notamment par les plans de
délocalisation, de fermetures d'agences et de digitalisation en
cours dans presque tous les établissements.
Si, pour l'heure, les banques françaises n'ont pas eu
recours à des licenciements secs pour faire baisser leurs
effectifs, certains salariés et leurs responsables syndicaux
craignent que la pyramide des âges vieillissante - variable
d'ajustement utilisée pour l'instant - ne soit plus suffisante.
"C'est une peur très rationnelle", a commenté Régis Dos
Santos, président du SNB, lors d'une conférence de presse
organisée pour présenter l'étude à laquelle 6.736 personnes ont
participé.
"Oui, il va y avoir moins d'agences, oui le digital va
continuer à monter en puissance", a-t-il dit, appelant à un
vaste plan de formation à destination notamment des agents de
clientèle généralistes, en première ligne face à la concurrence
digitale.
C'est par une spécialisation accrue des compétences de leurs
personnels que les réseaux traditionnels et leurs agences
pourront s'adapter à la concurrence des banques digitales et des
fintechs, a poursuivi Régis Dos Santos.
"On n'a pas envie que les banques connaissant ce que les
taxis ont connu avec (la plate-forme de VTC) Uber ou les
hôteliers avec (le site d'hébergement entre particuliers)
Airbnb. Donc il faut que les banques prennent de l'avance pour
éviter de se faire manger", a-t-il conclu.
Voir :
* Les banques rassurent sur leurs profits, pas sur l'emploi
* Banque-Inquiétudes pour l'emploi après l'avertissement de
Macron
(Julien Ponthus, édité par Pascale Denis)