Avec la saison des résultats qui démarre, l'été promet d'être chaud
information fournie par Zonebourse 13/07/2026 à 08:22

Les Bourses européennes devraient ouvrir dans le rouge lundi matin, les investisseurs continuant de souffler en prolongeant le mouvement de baisse de la semaine écoulée à la veille du coup d'envoi très attendu de la saison des résultats de 2ème trimestre. Une demi-heure environ avant le début des échanges, l'indice CAC 40 accuse un recul théorique de 0,8%, tout comme le DAX à Francfort et l'Euro STOXX 50.

Le véritable démarrage du bal des résultats trimestriels, avec notamment les publications des grands noms de la banque aux Etats-Unis prévues demain, pourrait apporter un peu de carburant à des places boursières dont l'évolution est devenue un peu plus erratique ces derniers temps.

Au cours de la semaine écoulée, le CAC a reculé de 2%, soit sa plus mauvaise performance hebdomadaire depuis la fin du mois d'avril.

Après être parvenu à inscrire de nouveaux plus hauts absolus lundi dernier, l'Euro STOXX 50 a lui aussi glissé sur une pente descendante la semaine passée, accusant des pertes hebdomadaires de plus de 2,8%.

Un sentiment de marché toujours "drivé" par la tech

Une bonne moisson de résultats pourrait permettre d'apaiser quelque peu les récentes inquiétudes des investisseurs, essentiellement concentrées sur le sujet des valorisations élevées désormais atteintes par les grands noms du secteur technologique.

Si le Dow Jones a atteint un nouveau record historique la semaine dernière, le Nasdaq Composite reste encore en retrait de 3,3% par rapport à son sommet établi le 1er juin dernier.

Certes, il va falloir patienter jusqu'à la fin du mois pour prendre connaissance des comptes des "Sept Magnifiques", qui restent les principales locomotives de la cote, mais les performances trimestrielles d'ASML, TSMC ou Netflix, toutes attendues dans les jours qui viennent, pourraient permettre de savoir si la thématique d'investissement axée sur l'IA est toujours de nature à constituer un élément moteur pour les marchés boursiers.

Parmi les autres poids lourds devant présenter leurs données trimestrielles cette semaine figurent également les géants financiers JPMorgan Chase, Bank of America, Goldman Sachs, Citigroup, Wells Fargo ou encore BlackRock.

Du fait de la vigueur des dépenses d'investissement actuellement débloquées dans la tech, les bénéfices des entreprises américaines composant le S&P 500 sont vus en hausse de 24% en moyenne sur la période allant d'avril à juin, ce qui constituerait leur deuxième progression trimestrielle consécutive au-delà des 20%.

La barre est placée très haut

A lui seul, le secteur américain des nouvelles technologies devrait enregistrer une hause de plus de 63% de ses résultats sur le 2ème trimestre, bon nombre d'analystes ayant décidé de revoir nettement à la hausse leurs estimations de bénéfices ces dernières semaines.

Avec des espérances aussi grandes, les investisseurs pourraient cependant se montrer intransigeants et le moindre faux pas ou résultats "tout juste conformes aux attentes" risqueraient bien de décevoir le marché.

Quant aux marchés européens, ils devraient, une nouvelle fois, se contenter de suivre la tendance impulsée du côté de New York : si les résultats des entreprises du Vieux Continent sont attendus en hausse de 12% sur le trimestre écoulé, cela devrait tenir pour l'essentiel à la solidité des profits des compagnies énergétiques et à la vigueur des prix pétroliers.

Hors énergie, les profits des sociétés européennes ne sont attendus qu'en hausse de 5% environ.

Avec l'évolution plus favorable des prix du pétrole due à l'apaisement apparent des tensions au Moyen-Orient, les analystes s'attendent cependant à ce que les entreprises livrent des perspectives encourageantes pour le reste de l'année, et ce des deux côtés de l'Atlantique.

Attention toutefois : les Etats-Unis ont mené ce week-end de nouvelles frappes contre l'Iran, qui a riposté à son tour en ciblant des bases du Golfe utilisées par Washington.

Conséquence, les cours pétroliers repartent en vive hausse ce matin : le Brent de Mer du Nord grimpe pour le moment de 4,4% à 79,3 USD tandis que le baril de brut texan (WTI) monte lui aussi de 4,4% à 74,6 USD.

Une équation à trois inconnues

Au-delà de la qualité de la saison des résultats, la capacité des places boursières mondiales d'aller cherche de nouveaux records dépendra aussi en grande partie des indicateurs économiques et de la tonalité du discours de la Réserve fédérale américaine.

La politique ultra-lisible menée par la Fed sous l'impulsion de Jerome Powell ces dernières années, qui s'est traduit par une succession de baisse de taux depuis l'été 2024, est largement à l'origine de l'élan haussier que connaît Wall Street.

Mais le ton adopté par Kevin Warsh, le nouveau président de l'institution, laisse présager une politique plus restrictive, ou en tout cas moins facilement déchiffrable par les marché.

Son intervention, prévue demain et mercredi, devant le Congrès américain pourrait entretenir le flou sur l'évolution de la trajectoire des taux.

Pour que la Fed écarte une remontée du loyer de l'argent, et que les marchés d'actions progressent cet été, il faudra donc non seulement que les résultats d'entreprise soient solides, mais aussi que l'inflation refroidisse suffisamment pour rassurer la Fed.

C'est ce scénario parfait façon "goldilocks" (ni trop chaud, ni trop froid) que les investisseurs guettent toujours à travers chaque publication.

A ce titre, les chiffres des prix à la consommation aux Etats-Unis pour le mois de juin, programmés dès demain, s'annoncent d'ores et déjà déterminants.

Selon le consensus, l'indice (CPI) global devrait afficher un repli de 0,1% sur un mois, marquant un net coup de frein après la progression de 0,5% enregistrée en mai. Sur un an, l'inflation globale est néanmoins attendue en décélération à 3,7%, contre 4,2% le mois précédent.

Comme souvent, l'attention des investisseurs se portera toutefois principalement sur l'inflation sous-jacente ("core"), qui exclut les prix volatils de l'énergie et de l'alimentation. Celle-ci devrait confirmer la persistance des pressions inflationnistes de fond, avec un indice de base projeté en hausse de 0,3% sur un mois (contre 0,2% en mai), tandis que son rythme annuel devrait rester robuste en demeurant inchangé à 2,9%.

Entre saison des résultats à enjeux élevés, incertitudes sur la politique de la Fed et persistance des tensions au Moyen-Orient, l'été boursier s'annonce particulièrement chaud, pour ne pas dire brûlant, à l'instar des températures caniculaires qui règnent en ce moment.