Atteindre l'objectif de neutralité carbone est possible avec plus de moyens-AIE information fournie par Reuters 26/09/2023 à 10:36
par Forrest Crellin
PARIS, 26 septembre (Reuters) - La croissance record des technologies dans le secteur des énergies renouvelables, comme les panneaux solaires et les véhicules électriques, permet de penser qu'il est encore possible de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius, a indiqué mardi l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans sa feuille de route "Net zéro".
Toutefois, l'AIE estime que les investissements dans les énergies renouvelables vont devoir augmenter pour atteindre 4.500 milliards de dollars par an à partir du début des années 2030, contre 1.800 milliards de dollars prévus en 2023.
Les températures ont en effet atteint des niveaux record cette année et les moyennes mondiales sont supérieures d'environ 1,1 °C à la moyenne préindustrielle.
Ces chiffres sont à comparer avec l'objectif fixé par l'accord de Paris de 2015, qui consiste à maintenir la hausse des températures mondiales bien en deçà de 2 °C, tout en poursuivant les efforts pour la limiter à 1,5 °C.
Dans sa feuille de route "Net zéro", qui avance des scénarios pour parvenir à des émissions nettes nulles d'ici le milieu du siècle, l'AIE estime que la hausse de la capacité de production d'énergie solaire et des ventes de véhicules électriques (VE) depuis 2021 est conforme aux objectifs, de même que les plans d'infrastructure dans ces deux domaines.
Toutefois, il reste encore beaucoup d'efforts à faire, car il faudra tripler la capacité mondiale d'énergie renouvelable, doubler les infrastructures d'efficacité énergétique, augmenter les ventes de pompes à chaleur et accroître encore l'utilisation des VE d'ici à 2030, a indiqué l'AIE.
L'agence a également appelé à une réduction de 75% des émissions de méthane du secteur de l'énergie d'ici à 2030, ce qui coûterait environ 75 milliards de dollars, soit à peine 2% du revenu net perçu par l'industrie pétrolière et gazière en 2022.
L'objectif de neutralité carbone de l'AIE nécessitera également une transition équitable, en tenant compte des circonstances nationales et en exigeant des économies avancées qu'elles l'atteignent plus tôt que les pays en développement.
"Les gouvernements doivent séparer le climat de la géopolitique, étant donné l'ampleur du défi à relever", a commenté Fatih Birol, directeur de l'AIE.
(Reportage Forrest Crellin ; version française Kate Entringer, édité par Blandine Hénault)