ASML impressionne, mais la prudence domine avant la Fed et les "Big Techs"
information fournie par Zonebourse 28/01/2026 à 08:40

Les principales Bourses européennes sont attendues sans grande tendance mercredi à l'ouverture, les résultats impressionnants publiés ce matin par le géant néerlandais des semi-conducteurs ASML n'ayant pas suffi à aiguiser l'appétit des investisseurs alors que la Réserve fédérale doit annoncer ses décisions de réunion de politique monétaire dans la soirée, avant que plusieurs grands groupes technologiques américains publient leurs comptes trimestriels.

D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien devrait reculer de 0,2% en début de séance. A Francfort, le DAX navigue, lui, autour de l'équilibre en préouverture alors que le FTSE 100 devrait reculer de 0,1% à Londres. L'indice Euro STOXX 50 est attendu en hausse de 0,4%.

Une certaine prudence reste de mise sur les marchés avant les annonces de la Fed, qui doit rendre ce soir ses décisions de politique monétaire à l'issue de deux jours de débat du FOMC.

Si un nouveau statu quo sur les taux des fonds fédéraux ne fait guère de doutes après les trois baisses de précaution de la fin de l'année dernière, les investisseurs attendent de la banque centrale davantage de précisions sur le calendrier concernant l'évolution de son assouplissement monétaire pour les mois qui viennent.

"Il ne faut pas confondre cette pause avec la fin des baisses de taux: nous anticipons deux baisses de taux au deuxième trimestre après un premier trimestre calme", prévient Alessia Berardi, responsable de la macroéconomie d'Amundi Investment Institute.

"A mesure que l'inflation des services se modère et que le marché du travail s'assouplit, des signes plus clairs de désinflation apparaîtront, donnant à la Fed la marge de manoeuvre nécessaire pour assouplir sa politique, et orienter ses taux vers une position moins restrictive", souligne l'analyste.

Dans ces conditions, des commentaires jugés trop prudents de Jerome Powell - notamment compte tenu de la bonne résistance affichée par le marché de l'emploi aux Etats-Unis qui s'accompagne d'une persistance de l'inflation - risqueraient de déclencher un mouvement vendeur sur les actions, en particulier dans le secteur technologique où les valorisations sont considérées comme élevées.

A ce titre, la prudence est également liée à l'attente des résultats de plusieurs "Big Tech" de la trempe d'IBM, Meta, Microsoft et Tesla, qui doivent présenter leurs comptes après la clôture de mercredi.

Ces publications, en particulier celle de Microsoft, seront surveillées de près afin de savoir si le récent mouvement de revalorisation du secteur technologique est justifié.

En attendant, le spécialiste néerlandais des équipements pour l'industrie des puces ASML a dévoilé des performances spectaculaires ce matin, avec notamment des prises de commandes ayant totalisé 13,2 milliards d'euros sur le quatrième trimestre 2025.

Le groupe de Veldhoven a également indiqué prévoir une augmentation de son chiffre d'affaires en 2026, voire une petite amélioration de sa marge brute, en raison de la vigueur de la demande qui soutient la construction d'infrastructures dédiées à l'IA.

Dans le sillage de ces annonces, le titre ASML coté à la Bourse de New York s'envolait de plus de 8% mercredi matin en cotations avant-Bourse.

Deuxième capitalisation boursière européenne derrière le groupe néerlandais, LVMH a moins impressionné hier soir en dévoilant des résultats de quatrième trimestre sans surprise, qui ne semblent toujours pas de nature à relancer son cours de Bourse.

"L'équipe de direction a tenu des commentaires encourageants concernant le début d'année 2026 enregistrée par la marque Dior, mais aussi relevé une demande toujours volatile et un effet de change défavorable", réagissent ce matin les analystes de Jefferies.

La Bourse de New York a fini en ordre dispersé hier, le S&P 500 ayant aligné une cinquième séance consécutive de progression pour établir de nouveaux records tandis que le Dow Jones perdait 0,8%, alourdi par les valeurs de l'assurance après un projet de loi prévoyant une augmentation des remboursement de Medicare, qui devant amputer les bénéfices des mutualistes comme UnitedHealth, qui dévissait de presque 20% en fin de séance.

Mais le fait du jour restera incontestablement le plongeon historique du dollar, qui tente de se stabiliser ce matin après avoir atteint hier de nouveaux plus bas depuis 2021 face à l'euro, qui s'est rapproché du seuil de 1,21 contre le billet vert dans la nuit.

Interrogé sur cette dégringolade, Donald Trump a déclaré qu'il n'affichait pas d'inquiétude à ce sujet et que le dollar se portait bien, mais le président américain n'avait jamais fait mystère depuis le début de son mandat de sa volonté de voir baisser le dollar.

Une devise devenue soudain plus faible soutient les valeurs exportatrices et en particulier les fabricants de semi-conducteurs, lesquels ont d'ailleurs brillé soir avec un indice SOXX qui a bondi de 2,4% et pulvérisé un nouveau record historique de clôture, ce qui fait penser à certains stratèges que cette dépréciation n'est pas près de s'arrêter.

"Tout cela donne le sentiment que l'administration américaine accepte très bien la poursuite de l'affaiblissement du dollar, et qu'elle cherche même délibérément à aller dans ce sens", commente ce matin Michael Brown, analyste chez Pepperstone.

"Un peu comme le dite l'adage recommandant de ne pas prendre de positions allant à l'encontre de la Fed, "Don't fight the Fed", il serait tout aussi imprudent de vouloir "se battre contre le Président"", prévient le professionnel.

La situation est un peu plus stable sur le marché des emprunts d'Etat, où le rendement des Treasuries à 10 ans évolue autour de 4,22% dans les échanges en Asie, en attendant les décisions de la Fed.

Le marché pétrolier est orienté à la hausse, soutenu par les perturbations majeures de l'offre liées aux tempêtes hivernales aux Etats-Unis, combinées à une demande saisonnière accrue et à la prudence de l'Opep sur sa politique de production.

Le Brent avance de 0,2% à 67,7 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 0,3% à 62,6 dollars en attendant la parution, dans l'après-midi, des stocks hebdomadaires de pétrole aux Etats-Unis.