Armani prêt à discuter avec LVMH, L'Oréal et EssilorLuxottica concernant une prise de participation information fournie par Zonebourse 28/09/2026 à 11:56
Armani s'apprête à démarrer des discussions formelles avec LVMH, L'Oréal et EssilorLuxottica concernant une éventuelle cession d'une participation minoritaire au sein de son capital, conformément aux dernières volontés laissées par son fondateur Giorgio Armani décédé en septembre dernier à l'âge de 91 ans, rapporte ce lundi le Financial Times.
Le groupe de mode italien a prévu de rencontrer au cours des prochaines semaines les trois investisseurs, concrétisant ainsi les dispositions testamentaires de son fondateur, qui prévoyaient qu'une cession de 15% du capital devait intervenir dans un délai de 12 à 18 mois suivant sa disparition, explique le FT, qui cite des personnes proches du dossier.
Un processus encore largement ouvert
Les trois investisseurs potentiels ont été désignés comme partenaires privilégiés, mais leur intérêt pour une prise de participation significative à court terme reste limité, à en croire les sources du quotidien financier.
"Personne ne veut vraiment se précipiter, mais personne ne veut non plus laisser passer l'occasion", a déclaré au journal l'une des personnes proches des discussions.
L'une des options évoquées de manière informelle consisterait à répartir les 15% entre LVMH, L'Oréal et EssilorLuxottica, une configuration qui permettrait aux trois groupes de s'associer au processus tout en limitant leur exposition.
Le Financial Times rappelle que les discussions formelles devaient initialement débuter en juin, comme l'avait évoqué à l'époque la Repubblica mais qu'elles avaient été repoussées à la fin septembre ou au début octobre, le groupe italien ayant consacré les derniers mois à sa réorganisation interne.
Armani cherche un nouveau modèle après son fondateur
La disparition de Giorgio Armani a en effet placé le groupe face à un enjeu auquel sont souvent confrontées de nombreuses entreprises italiennes fondées et dirigées par leur créateur : transformer une société fortement incarnée par son fondateur en une organisation capable de poursuivre son développement après sa disparition.
Giuseppe Marsocci, un dirigeant de longue date du groupe, avait été nommé directeur général un mois après le décès d'Armani. Il travaille depuis à l'élaboration d'une nouveau plan stratégique, avec l'appui du cabinet de conseil Boston Consulting Group.
Selon les personnes proches du projet mentionnées par le FT, ce travail vise notamment à préciser le positionnement des différentes marques du groupe et à accélérer son développement dans des catégories offrant des marges plus élevées, notamment les accessoires.
Cette réorientation intervient alors que le secteur mondial du luxe traverse une période de ralentissement prolongé.
Des revenus en baisse, mais une rentabilité préservée
Le chiffre d'affaires d'Armani a ainsi reculé pour une deuxième année consécutive en 2025, à 2,2 milliards d'euros, soit une baisse de 2,8% après un repli de 5% en 2024.
Le groupe a néanmoins amélioré sa rentabilité opérationnelle: son excédent brut d'exploitation (Ebitda) a progressé de 3,2% à 153 millions d'euros, notamment grâce aux mesures de réduction des coûts.
Les discussions avec les investisseurs potentiels se dérouleront donc dans un contexte où Armani doit à la fois préserver son positionnement haut de gamme et identifier de nouveaux relais de croissance.
Des liens commerciaux déjà établis avec deux candidats
Deux des trois investisseurs envisagés entretiennent depuis longtemps des relations commerciales avec Armani: EssilorLuxottica, propriétaire notamment de Ray-Ban, dispose d'un contrat de licence avec Armani courant jusqu'en 2038.
D'après le journal le groupe d'optique ne devrait toutefois pas chercher à acquérir une participation importante pour se focaliser davantage sur le développement de ses activités dans les technologies médicales et aux Etats-Unis.
Quant à L'Oréal, il entretient également une relation stratégique avec Armani et sa priorité consisterait surtout à protéger et à développer son activité de licence avec Armani, qui court jusqu'en 2050, selon le FT
LVMH a également fait savoir qu'il souhaitait participer au processus de cession de la participation minoritaire, même si le dossier ne constitue toutefois pas une évidence pour le numéro un mondial du luxe sachant qu'une part importante des ventes d'Armani est réalisée sur des segments de prix inférieurs à ceux des principales marques de LVMH.
Une valorisation qui reste à définir
D'après le Financial Times, la valorisation du groupe constitue l'un des principaux points de divergence potentiels entre les parties. Si des personnes proches d'Armani évoquent une valeur d'environ 10 milliards d'euros, les investisseurs potentiels, eux, situeraient plutôt la valeur du groupe entre 3 milliards et 7 milliards d'euros.
A la Bourse de Paris, l'action EssilorLuxottica grimpait de 2,2% au-delà de 147 euros lundi matin à la Bourse de Paris, signant la deuxième plus forte hausse de l'indice CAC 40, L'Oréal avançait de 0,8% à 385,1 euros tandis que LVMH prenait