Aramco cherche à détourner ses exportations de brut du détroit d’Ormuz
information fournie par Reuters 03/03/2026 à 16:18

Le géant pétrolier ‌saoudien Aramco tente de rediriger une partie de ses exportations de ​brut vers la mer Rouge afin de contourner le détroit d'Ormuz, où le risque d'attaques a quasiment paralysé le trafic maritime, ont déclaré mardi ​plusieurs sources.

La plus grande compagnie pétrolière au monde cherche ainsi à éviter des réductions de ​production en redirigeant le pétrole vers son ⁠terminal de Yanbu, sur la mer Rouge, mais des sources, ‌notamment des acheteurs, des traders et des analystes, soulignent que l’oléoduc Est-Ouest dispose d’une capacité limitée et pourrait lui-même ​devenir une cible d’attaques ‌pour les alliés de l’Iran.

L'oléoduc a une capacité ⁠de 5 millions de barils par jour (bpj) et a pu, en 2019, transporter temporairement jusqu’à 7 millions de bpj après la conversion de conduites ⁠de gaz naturel ‌liquéfié (GNL) pour le transport de brut.

Selon des sources secondaires ⁠de l'Opep, l'Arabie saoudite a produit un peu plus de 10 ‌millions de bpj de brut en janvier.

Aramco a informé ⁠certains acheteurs de son brut Arab Light que leurs ⁠cargaisons devront être chargées ‌à Yanbu, selon trois sources, ajoutant que l’entreprise évaluera la demande ​et la disponibilité de brut avant ‌de confirmer les modalités.

Selon Richard Bronze, cofondateur du cabinet de conseil Energy Aspects, il existe ​des compromis logistiques, notamment la réduction de la capacité de transport des GNL et le débit auquel le terminal pétrolier de ⁠Yanbu peut charger durablement les navires.

Aramco s’est refusé à tout commentaire.

La société a fermé sa plus grande raffinerie domestique à Ras Tanura lundi après une attaque de drone, selon une source.

(Alex Lawler et Ahmad Ghaddar à Londres, Nidhi Verma à New Delhi ; version française Elena Smirnova, ​édité par Augustin Turpin)