Après la voiture électrique, la Chine lance la bataille des robots humanoïdes information fournie par Zonebourse 10/08/2026 à 20:29
Après avoir bouleversé l'industrie automobile électrique, la Chine cherche désormais à reproduire la même trajectoire dans la robotique humanoïde. Selon Morgan Stanley Investment Management, le pays aurait expédié environ 13 000 humanoïdes en 2025, soit plus de 90% de la production mondiale, et pourrait plus que doubler ses livraisons en 2026. Une partie importante des machines reste destinée aux démonstrations, à la recherche ou aux essais, mais leur intégration progressive dans les usines commence à donner une dimension industrielle.
Encore modestes, les premiers déploiements concernent notamment les chaînes automobiles, où BYD utiliserait une centaine de robots d'UBTECH, tandis que Geely, FAW-Volkswagen et Audi FAW expérimentent également leur emploi pour déplacer des pièces, effectuer des contrôles qualité ou réaliser certaines opérations d'assemblage. En confrontant rapidement leurs machines à des environnements réels, les fabricants chinois peuvent ainsi accumuler les données nécessaires pour améliorer leur fiabilité, leur autonomie et leur capacité à accomplir plusieurs tâches.
Cette avance repose moins sur une percée isolée dans l'intelligence artificielle que sur la profondeur de l'écosystème manufacturier chinois. Le pays contrôlerait environ 63% du marché mondial des principaux composants mécaniques utilisés dans les robots, notamment les moteurs, actionneurs et réducteurs, ainsi que près de 90% du traitement des terres rares lourdes nécessaires aux aimants. Les capacités développées dans l'électronique, les batteries et l'automobile permettent parallèlement de raccourcir les cycles de développement et de réduire rapidement les coûts de production.
Pour les investisseurs, ce leadership sur les volumes ne préjuge toutefois pas de la future répartition des profits. Les entreprises chinoises paraissent bien placées pour dominer le matériel et ses composants, alors que les groupes américains conservent une avance dans les semi-conducteurs, les modèles d'IA, la simulation et les logiciels d'apprentissage, notamment autour de l'écosystème Nvidia. À mesure que le matériel se standardisera, une part croissante de la valeur pourrait donc migrer vers l'intelligence embarquée, les données et la gestion des flottes.
L'expérience des véhicules électriques impose enfin une certaine prudence, puisque les subventions, la multiplication des concurrents et la baisse des prix peuvent accélérer l'adoption tout en comprimant fortement les marges. La Chine pourrait ainsi devenir le premier pays à industrialiser massivement les humanoïdes, sans que cette avance manufacturière garantisse aux entreprises chinoises de capter l'essentiel de la valeur économique et boursière. La rentabilité des robots pour leurs utilisateurs, leur fiabilité et leur capacité à exécuter plusieurs tâches constitueront les véritables tests des prochaines années.