AMF: plus d'un million d'euros d'amendes requis contre Uzes Gestion et des cadres information fournie par Boursorama avec AFP 22/05/2026 à 17:41
L'Autorité des marchés financiers (AMF) a requis vendredi plus d'un million d'euros d'amendes contre la société de gestion Uzes Gestion et certains de ses dirigeants et gérants, dans une affaire liée en particulier à la gouvernance de la société.
Dans le détail, le gendarme boursier français a demandé 500.000 euros d'amende contre Uzes Gestion et un blâme.
Le collège de l'AMF a également requis des sanctions pécuniaires personnelles contre quatre dirigeants et gérants, allant de 60.000 euros à 250.000 euros, assortie d'une interdiction d'exercer les fonctions de dirigeant d'une SGP (société de gestion de portefeuille) ainsi que toute fonction de gérant pour une durée allant de 2 à 10 ans.
Le rapporteur de l'AMF a relevé 25 griefs au total, allant de la gouvernance de la société à travers la qualification des dirigeants de fait, la gestion des conflits d'intérêts, la rémunération des gérants, l'information sur les supports commerciaux de la société ou encore le dispositif de valorisation d'un fonds.
"Ce dossier est important en ce qu'il illustre une gestion de fait, ce qui n'a à ce jour jamais été sanctionné par votre commission des sanctions", a indiqué le représentant du collège.
La question de la direction de fait, c'est à dire exercer des fonction de dirigeant sans en avoir le titre officiel, est centrale dans ce dossier.
L'AMF n'a jamais sanctionné ce manquement mais avait déjà été amenée à statuer sur la question après une séance de la commission des sanctions visant Novaxia Investissement.
Le grief avait finalement été abandonné dans la décision du gendarme boursier de décembre 2025.
"Plusieurs griefs sont de nature à avoir affecté directement ou indirectement les intérêts des porteurs, même si aucun préjudice n'a pu être chiffré par la mission de contrôle", a également affirmé le représentant du collège.
L'avocate des personnes mises en cause a fustigé "des sanctions délirantes dans un dossier qui ne tient pas debout". "Être présent dans la vie d'un groupe n'est pas être dirigeant effectif" de la société, a-t-elle souligné.
"Ce dossier repose essentiellement sur des reproches de forme", a pour sa part souligné l'avocate de la société Uzes Gestion.
"C'est fondamental, aucun préjudice n'a été subi par les porteurs", a-t-elle encore rappelé.
La décision de l'AMF est attendue en juillet.