Alstom perd près d'un tiers de sa valeur après un lourd avertissement information fournie par Zonebourse 02/11/2026 à 09:37
Alstom chute d'environ 30%, à 11,13% après avoir dévoilé une forte dégradation de sa rentabilité selon des données préliminaires du premier trimestre de l'exercice 2026-2027. Par conséquent, le groupe a sensiblement révisé à la baisse ses objectifs financiers annuels, ce qui explique la lourde chute du titre.
Selon des résultats préliminaires, le premier semestre de l'exercice 2026-2027 du fabricant d'infrastructures destinées au secteur ferroviaire a été marqué par une nette dégradation de la rentabilité avec une marge d'exploitation à -4%, contre 6,4% un an plus tôt. Le groupe explique cette contreperformance par d'importants retards et surcoûts d'exécution, principalement concentrés sur la plateforme de trains Coradia Max et des contrats menés depuis et pour l'Allemagne. Alstom ajoute que des difficultés d'industrialisation ont même conduit à une suspension temporaire de la production au premier trimestre, ramenant le nombre de voitures produites à 1 860 unités, soit une baisse de 8%.
Face à ces difficultés, le cash-flow libre semestriel s'est établi à -1,248 milliard d'euros, portant la dette nette à 1,1 milliard d'euros au 30 septembre 2026, contre 0,4 milliard d'euros six mois plus tôt.
En parallèle, l'activité commerciale a affiché des commandes de 11 milliards d'euros et des revenus en légère progression de 2% en organique, à 9,3 milliards d'euros.
Objectifs révisés en baisse
Alstom table désormais sur une marge d'exploitation ajustée d'environ 1% sur l'ensemble de l'année. Auparavant, elle était attendue à environ 6,5%. Au niveau du cash-flow libre, il devrait s'établir à -1,5 milliard d'euros, contre une prévision initiale d'un flux positif. Du côté du chiffre d'affaires, il devrait finalement connaître une croissance comprise entre 2 et 4%, contre 5% précédemment, et le volume de production, initialement prévu entre 4 400 et 4 500 voitures, devrait finalement n'être que de 4 000 unités.
Le nouveau directeur général, arrivé en avril 2026, mène actuellement une revue en profondeur de l'ensemble des projets critiques afin d'assainir l'exécution opérationnelle. Par conséquent, le groupe table sur un retour à la normale dès l'exercice 2027-2028, avec un objectif de marge d'exploitation ajustée à moyen terme entre 8% et 10%, ainsi qu'un plan de désendettement d'environ 2 milliards d'euros dont les contours stratégiques seront détaillés lors d'un Capital Markets Day prévu au deuxième trimestre 2027.
L'avis des analystes
Dans une note, Citigroup estime que la marge semestrielle de -4% est à comparer avec une prévision du consensus d'environ 6,1%, ce qui traduit un écart de 950 millions d'euros.
Les analystes indiquent que lors d'une conférence téléphonique, le directeur financier a mentionné des cessions potentielles, sans pour autant fournir de détails.
Sans surprise, "compte tenu de l'ampleur de l'avertissement sur la trésorerie et du manque de précisions sur le désendettement", les analystes anticipent une réaction "négative significative" du cours de l'action.
En attendant, leur recommandation reste à l'achat, avec une cible de cours de 28 euros.
Parmi les facteurs susceptibles d'empêcher l'action d'atteindre cet objectif, Citi mentionne la volatilité potentielle de la génération de flux de trésorerie disponible qui pourrait entraîner un écart entre le multiple de valorisation appliqué et la norme du secteur. La banque américaine estime que le secteur ferroviaire est soumis à une concurrence croissante, et l'évolution des prix à long terme, et donc des marges, demeure incertaine. Parmi les autres risques, les analystes évoquent les risques liés à l'intégration d'acquisitions, ainsi que l'exécution sur les projets et les plans de réduction des coûts.
Du côté d'AlphaValue, ces résultats préliminaires ne font "qu'aggraver une période déjà difficile". Les analystes relèvent que le groupe a abaissé l'ensemble de ses objectifs annuels en raison de difficultés d'exécution sur le Coradia Max touchant 6 projets, qui nécessitent des exigences techniques et d'essais supplémentaires, allongeant ainsi le calendrier d'homologation de cette plateforme.
Les analystes ont décidé de placer leur recommandation sous revue, misant sur le fait que d'autres mauvaises nouvelles sont à prévoir.