MILAN, 27 mars (Reuters) - Les trois commissaires chargés
par l'Etat italien de gérer Alitalia CAITLA.UL pressent la
compagnie publique des chemins de fer italiens, Ferrovie dello
Stato (FS), de présenter au plus vite un plan de sauvetage pour
la compagnie aérienne en difficulté tout en se disant prêt à lui
accorder plus de temps.
Alitalia a été placée sous administration spéciale en 2017
après le rejet par ses salariés d'un nouveau plan de sauvetage,
contraignant le gouvernement à se lancer à nouveau à la
recherche d'un repreneur, pour la troisième fois en une dizaine
d'années.
FS, qui a fait état en octobre dernier de son intérêt pour
la compagnie, redouble d'efforts pour respecter la date butoir
de fin mars fixée par le gouvernement italien pour que les
candidats présentent leur plan d'entreprise.
La compagnie ferroviaire, qui veut mettre sur pied un
consortium du transport pour des voyages domestiques comme
internationaux, a cependant dit dans la journée qu'elle avait
besoin de plus de temps pour détailler son projet.
Lors d'une audition devant le Parlement, l'un des
commissaires a déclaré qu'Alitalia courait le risque d'une
liquidation si aucun plan de sauvetage n'était sur la table dans
les semaines à venir.
"Un allongement de l'échéance pour Ferrovie ne pourrait être
que très court (...) il s'agirait de semaines et non pas de
mois", a déclaré Daniele Discepolo.
Ce dernier, aux côtés d'Enrico Laghi et de Stefano Paleari
n'ont eu de cesse de réduire les coûts de fonctionnement
d'Alitalia et de restaurer la confiance des voyageurs en la
compagnie dans l'espoir d'une reprise de cette dernière par un
consortium de partenaires industriels, qui pourrait alors
rembourser un prêt relais de 900 millions d'euros consenti par
l'Etat italien.
Ce prêt doit être remboursé d'ici la fin juin.
"Soit Ferrovie fait une demande d'allongement de l'échéance,
documents à l'appui, soit il vaut mieux que l'opérateur renonce
car nous avons recours à de recours à de l'argent public - je ne
dirais toutefois pas que nous le brûlons - pour faire voler la
compagnie", a ajouté Daniele Discepolo.
Il a souligné que la loi obligeait les commissaires à placer
Alitalia en liquidation judiciaire si le délai venait à expirer.
FS, qui est en discussions avec la compagnie aérienne
américaine Delta Air Lines DAL.N , a également dit qu'il
s'entretenait avec un "petit groupe de partenaires potentiels",
sans être plus concret.
La compagnie ferroviaire est prête à prendre une
participation de 30% dans Alitalia, ont dit sources. A ce stade,
elle a obtenu de Delta un engagement portant sur une part de 15,
ce qui laisse un point d'interrogation sur le solde du capital.
La semaine dernière, Easyjet EZJ.L a annoncé se retirer
des négociations portant sur l'avenir des activités d'Alitalia.
Les commissaires ont assuré qu'Alitalia avait accompli de
notables progrès sous leur houlette, ajoutant que la compagnie
était aujourd'hui une cible attrayante pour d'éventuels
acheteurs.
Selon des documents préparés en vue de leur audition devant
le Parlement, le chiffre d'affaires d'Alitalia a augmenté de
3,5% l'an dernier, à 3,07 milliards d'euros. La perte brute est
revenue à 120 millions d'euros l'an dernier, contre -283
millions en 2017.
(Francesca Landini, Benoit Van Overstraeten pour le service
français)