Alibaba interdit à ses employés d'utiliser l'outil de code d'Anthropic, selon une source
information fournie par Reuters 03/07/2026 à 12:49

par Eduardo Baptista

Le géant chinois de la technologie Alibaba 9988.HK a interdit à ses employés d’utiliser le "Claude Code" d’Anthropic au travail après que cet outil a fait l’objet d’une attention particulière en raison de fonctionnalités permettant d’identifier les utilisateurs liés à la Chine, selon une source proche de la décision.

Cette interdiction s'inscrit dans le cadre d'un conflit qui ne cesse de s'intensifier entre les deux entreprises, après qu'Anthropic a accusé Alibaba d'avoir illégalement exploité les capacités de son modèle d'IA "Claude" — un différend qui met en lumière la course effrénée entre les États-Unis et la Chine pour prendre la tête dans le domaine de l'intelligence artificielle.

Claude Code est l’assistant de codage IA d’Anthropic destiné aux développeurs de logiciels. Il est devenu populaire parmi les programmeurs en Chine malgré les restrictions d’accès imposées par Anthropic aux utilisateurs et entités situés en Chine.

Cette source, qui n’était pas autorisée à s’exprimer auprès des médias et a souhaité rester anonyme, a indiqué que les employés d’Alibaba avaient reçu pour consigne d’utiliser Qoder, la plateforme de codage propre à l’entreprise.

Anthropic a déclaré le mois dernier avoir été victime d’une attaque de la part d’Alibaba, qu’elle a qualifiée d’effort de "distillation" consistant à entraîner un modèle moins performant à partir des résultats d’un modèle plus puissant.

Cette "distillation" contribue à accélérer la capacité de la Chine à atteindre les fonctionnalités avancées de Mythos ⁠Preview d’Anthropic, a indiqué la société dans une lettre consultée par Reuters et adressée à deux sénateurs américains.

Alibaba et Anthropic n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires de Reuters. À ce jour, Alibaba n’a pas commenté publiquement les accusations d’Anthropic.

(Eduardo Baptista; Version française Matthieu Huchet, édité par Augustin Turpin)