Air France-KLM touche un plus bas historique en Bourse après son T3
information fournie par Reuters 27/10/2023 à 11:45

    L'action Air France-KLM  AIRF.PA  a touché un plus bas
historique vendredi à la Bourse de Paris avant de réduire ses
pertes après l'annonce d'un bénéfice record au troisième
trimestre qui a cependant manqué de peu les attentes des
analystes, qui s'inquiètent de la hausse des coûts du carburant
et de l'absence de prévisions de bénéfice pour le quatrième
trimestre.
    Le titre Air France KLM cédait 1,65% à 10,82 à 09h35 GMT,
après avoir chuté jusqu'à 7,63% à 10,16 euros, un plus bas
jamais atteint jusqu'ici. 
    La compagnie aérienne a fait état d'un bénéfice
d'exploitation de 1,34 milliard d'euros pour la période
juillet-septembre, en hausse de 31% par rapport à l'année
précédente, mais inférieur de 2% à la prévision des analystes.
    A l'opposé, le propriétaire de British Airways, IAG
 ICAG.L , a battu les attentes vendredi avec un bénéfice record
au troisième trimestre, les compagnies aériennes profitant de la
hausse des voyages cet été. 
    Le chiffre d'affaires d'Air France-KLM s'est établi à 8,6
milliards d'euros au troisième trimestre, en hausse de 8,9%, en
ligne avec le consensus. La marge opérationnelle du groupe a
progressé de 2,9 points en rythme annuel, se portant à 15,5%.
        Air France-KLM a laissé inchangées ses prévisions de
capacité en sièges-kilomètres, de dépenses d'investissement et
de coûts unitaires pour l'ensemble de l'exercice financier.
  
        "Dans l'ensemble, nous pensons que les résultats sont
mitigés, ils n'ont pas dépassé les attentes cette fois-ci et il
manque de commentaires sur la rentabilité du quatrième
trimestre", ont déclaré les analystes de Stifel dans une note. 
  
        Ils pointent également du doigt une hausse des
prévisions de dépenses de carburant pour l'ensemble de l'année à
7,8 milliards de dollars, contre 7,5 milliards de dollars
précédement.
  
        Neil Glynn, analyste chez Aircontrol, note que la
recette unitaire au SKO (sièges-kilomètres offerts) a augmenté
de 5,7% en glissement annuel à taux de change constant au cours
du trimestre, ce qui représente un ralentissement par rapport à
la hausse de 13,1% au cours du trimestre précédent.
  
        Le coefficient d'occupation du quatrième trimestre 2023
est de 72% sur le long-courrier (contre 75% en 2022) et de 59%
sur le court-moyen-courrier (contre 61% en 2022), renchérit
Sathish B. Sivakumar, analyste chez Citi. 
  
        
  
        BAISSE DE LA DEMANDE DOMESTIQUE
  
        La compagnie aérienne ne s'attend pas à retrouver les
niveaux de capacité d'avant la pandémie sur le marché français.
Elle a ainsi annoncé mi-octobre un 
    projet de regroupement
     de tous ses vols domestiques et internationaux au départ de
Paris-Charles de Gaulle à l'horizon de l'été 2026, quittant
ainsi le hub Paris-Orly à l'exception des liaisons vers la
Corse. 
  
        "Sur le marché domestique (...) nous ne nous attendons
pas à retrouver les niveaux d'avant la crise (...) en raison des
liaisons ferroviaires TGV en France," a déclaré le directeur
général Ben Smith lors d'une conférence téléphonique avec des
analystes. 
  
        "Pour des liaisons comme Paris-Marseille, où le train
met environ trois heures, nous avons vu la demande chuter de
50%."
  
        L'instabilité géopolitique consécutive aux attaques du
Hamas en Israël le 7 octobre, qui ont entraîné des annulations
de vols, ne devraient pas avoir d'impact significatif sur le
groupe.
  
        La principale ligne affectée par Air-France-KLM est
celle vers Tel Aviv où les vols aller et retour sont suspendus
jusqu'au 31 octobre, a indiqué le groupe jeudi.
  
        "En termes d'impact sur les résultats globaux, c'est
insignifiant", a commenté Ben Smith. 
  
        Le groupe constate toutefois une légère réduction de la
demande vers certaines des autres destinations qu'il dessert en
Israël.
  
        Air France n'a pas suspendu ses services vers d'autres
destinations du Moyen-Orient, a précisé le directeur général.
  

 (Reportage Joanna Plucinska, avec Diana Mandiá et Federica
Mileo ; version française Camille Raynaud et Kate Entringer,
édité par Blandine Hénault)