Agressions crypto : l'Adan saisit la CNIL sur les fuites de données fiscales
information fournie par Cryptoast 12/10/2026 à 14:42

Agressions crypto : l'Adan saisit la CNIL sur les fuites de données fiscales

Face à la multiplication des agressions et enlèvements visant les détenteurs de cryptomonnaies, l'Adan alerte sur les risques liés aux fuites de données personnelles. L'association saisit la CNIL après plusieurs incidents impliquant l'administration fiscale.

Sans réponse de Bercy, l'Adan se tourne vers la CNIL

Alors que les agressions et enlèvements de détenteurs de cryptomonnaies se multiplient en France, la protection de leurs données personnelles devient un enjeu de sécurité physique. La divulgation d'identités et d'adresses peut en effet faciliter le repérage de victimes potentielles.

C'est dans ce contexte que l'Association pour le développement des actifs numériques (Adan), qui représente les entreprises françaises du secteur crypto, a adressé un signalement à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Elle demande à l'autorité de vérifier comment l'administration fiscale a géré plusieurs incidents susceptibles d'exposer des informations confidentielles.

Cette démarche fait suite à un premier courrier envoyé en mars au ministère de l'Économie et des Finances. L'association affirme n'avoir jamais obtenu de réponse.

Deux affaires sont notamment en cause. La première concerne des accès frauduleux au fichier national des comptes bancaires (FICOBA), qui recense les comptes ouverts en France. La seconde porte sur des soupçons de divulgation d'informations confidentielles sur des acteurs crypto par une agente de la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

Dans le dossier FICOBA, un pirate a utilisé les identifiants d'un fonctionnaire pour consulter les données d'environ 1,2 million de comptes, notamment l'identité, l'adresse et l'IBAN des titulaires.

Quatre points à éclaircir

Le cabinet d'avocats ORWL, membre de l'Adan et qui accompagne l'association, demande davantage de transparence de la part des pouvoirs publics.

Nous déplorons le manque de transparence de Bercy sur l’information des personnes susceptibles d’être concernées par ces incidents de sécurité répétés dans une période où les attaques concernant les détenteurs de crypto-actifs sont quotidiennes.

Romain Chilly

avocat associé au cabinet ORWL

L'Adan veut connaître l'étendue des données potentiellement compromises et l'identité des personnes concernées. Elle demande aussi si l'administration a respecté les obligations de notification et d'information prévues par le RGPD , le règlement européen sur la protection des données. Ce texte oblige un organisme victime d'une fuite à prévenir la CNIL et, si le risque est élevé, les personnes touchées.

Le signalement interroge enfin les mesures de sécurité et de contrôle des accès prises pour éviter de nouveaux incidents. Il pose la question des risques propres aux détenteurs de crypto-actifs et à leurs proches, notamment pour leur sécurité physique.

La sécurité physique des détenteurs en jeu

Les agressions et enlèvements visant les détenteurs de cryptomonnaies se sont multipliés en France. En janvier 2025, David Balland, cofondateur de Ledger, et sa compagne ont été enlevés à leur domicile. Les ravisseurs lui ont sectionné un doigt avant leur libération par le GIGN.

En mai dernier, le père d'un entrepreneur crypto a également été séquestré et mutilé, tandis que la fille de Pierre Noizat, fondateur de Paymium, échappait à une tentative d'enlèvement en plein Paris.

« La protection des données personnelles représente un enjeu essentiel pour notre industrie », écrit l'Adan, pour qui leur confidentialité « contribue directement à la sécurité des professionnels du secteur ». Sollicitée par Cryptoast, la CNIL n'avait pas donné suite au moment d'écrire ces lignes.

Source : Adan sur LinkedIn , Déclaration de Romain Chilly à Cryptoast

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