PARIS, 27 février (Reuters) - L'Etat néerlandais, qui a
acquis sur le marché par surprise une participation de 12,68%
dans Air France-KLM AIRF.PA , s'est comporté comme un "raider"
et son initiative est "inamicale, surprenante et contestable", a
déclaré mercredi une source du ministère de l'Economie français.
Cette irruption des Pays-Bas, qui entendent ainsi peser sur
la gestion et la stratégie de la compagnie aérienne, a provoqué
la colère du gouvernement français qui par l'intermédiaire de
l'Agence des participations de l'Etat, détient 14,3% du capital
d'Air France-KLM.
"La façon dont cette participation a été prise rappelle les
techniques de raider plutôt que d’Etat actionnaire", a dit une
source au sein de Bercy.
"Cette initiative est inamicale, surprenante et très
contestable", a-t-elle ajouté, précisant que ni le conseil
d'administration d'Air France-KLM ni les autorités françaises
n'avaient au préalable été prévenus.
L'entrée de l'Etat néerlandais au capital de la compagnie
aérienne survient après plusieurs semaines de tensions avec le
conseil d'administration d'Air France-KLM à dominante française
au sujet du poids des Pays-Bas sur la direction du groupe.
Selon la source de Bercy, le gouvernement français va
solliciter les services de l'Autorité des marchés financiers
(AMF) pour enquêter sur les mouvements en Bourse de l'action Air
France-KLM particulièrement volatile depuis le début de l'année.
Le titre a gagné plus de 15% en l'espace d'un mois.
Mais suite à l'annonce de l'entrée au capital des Pays-Bas,
l'action a décroché et abandonne -10,8% à Paris à 13h01.
(Matthieu Protard et Leigh Thomas, édité par Jean-Michel Bélot)