Adolescente tuée à l'arme blanche: au collège, parents et enfants face à "l'horreur absolue" information fournie par AFP 07/05/2026 à 15:27
Recueillement, sidération et écoute: au lendemain du meurtre de Chloé, 14 ans, sur le chemin de son collège à Fère-en-Tardenois, parents et enfants de ce bourg de l'Aisne étaient traumatisés, tandis que le suspect a reconnu les faits en garde à vue.
Le collège Anne de Montmorency a ouvert ses portes jeudi matin aux élèves souhaitant être accueillis. La plupart d'entre eux, accompagnés par des gendarmes ou des personnels jusqu'à l'intérieur de l'établissement, n'ont pas souhaité parler à la presse.
Chloé, scolarisée en troisième, se rendait à pied au collège mercredi matin lorsqu'elle a été mortellement blessée de plusieurs coups portés à l'arme blanche, selon le parquet de Soissons.
"C'est très difficile (...). C'est l'horreur absolue", témoigne aux médias présents, dont l'AFP, une mère de famille ne souhaitant pas donner son nom.
"On a parlé" de ce qui s'est passé en famille mercredi soir, confie-t-elle, disant "encourager" ses filles, dont l'une "connaissait très très bien" la victime, à se rendre à la cellule d'urgence médico-psychologique mise en place au collège.
Ce jeudi matin, "j'ai accompagné mes enfants", poursuit cette mère. "D'habitude, elles prennent le bus, mais ce matin je voulais être là pour elles, c'était important d'être là pour mes filles", continue-t-elle, envahie par "la tristesse".
"On est à la campagne, on pense être en sécurité mais pas du tout", réagit Elodie, une autre mère de famille.
Sa fille Ashley, scolarisée en quatrième, se souvient de Chloé comme d'une adolescente "très gentille", qui n'était "jamais seule", toujours entourée d'amis.
Même si elle ne lui a parlé "que deux ou trois fois (...), ça fait bizarre parce que je la vois tout le temps et, du jour au lendemain, elle n'est plus là".
Au collège, "tout le monde parle de ça" et certains élèves "racontent n'importe quoi" sur le sujet, regrette Ashley: "C'est choquant".
- "Compliqué" de trouver les mots -
"Depuis hier, on en parle beaucoup, on en a parlé énormément à la maison et je pense que c'est important", assure la mère d'Ashley.
Mais "c'est compliqué" de trouver les mots, reconnaît-elle, disant encourager sa fille à "ne jamais rester seule" et à "faire attention à ses fréquentations".
Des bougies et des dizaines de bouquets de fleurs étaient progressivement déposées jeudi devant les grilles du collège, a constaté une journaliste de l'AFP.
Le rectorat a précisé avoir constitué dès mercredi des cellules d'écoute au collège, qui y resteront "autant que nécessaire".
"Nous adressons nos pensées les plus sincères et notre soutien le plus profond à sa famille, à ses proches, à ses amis, ainsi qu'à toute la communauté éducative", a réagi jeudi la mairie de Fère-en-Tardenois sur Facebook.
La mairie a décidé de maintenir la traditionnelle "Fête du Muguet" prévue ce week-end, un événement annuel important dans cette petite ville de 2.800 habitants: "Nous la dédions à la mémoire de Chloé. Nous lui rendrons hommage à différents moments".
L'enquête, ouverte pour assassinat, a mené à l'interpellation, mercredi en fin d'après-midi, d'un homme de 23 ans à Soissons.
Il a déclaré en garde à vue "avoir eu une relation amoureuse avec la jeune fille, récemment terminée", a précisé jeudi le parquet de Soissons dans un nouveau communiqué.
Il a reconnu sa présence au moment des faits et "avoir fait usage d'un couteau" à l'encontre de la victime, mais a nié "l'intention homicide", selon le parquet. Sa garde à vue va être prolongée.
Il s'agit d'un homme "sans profession" qui vivait "chez ses parents" et qui était déjà connu des services de police et de justice pour port d'arme illégal en 2023, a encore précisé le parquet.
Compte tenu de la qualification criminelle retenue, le parquet de Soissons devrait prochainement se dessaisir au profit du pôle criminel du parquet de Laon.
"J'espère qu'à la suite de ça, la loi sur le détournement de mineurs sera plus ferme. C'est inacceptable de se retrouver à 23 ans à sortir avec une fille de 14 ans", s'est indignée Julie, 25 ans, une habitante de Fère-en-Tardenois interrogée jeudi par l'AFP.
Cent-sept femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 en 2023, selon les dernières données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).