Adecco porté par la demande pour le personnel flexible au quatrième trimestre
information fournie par Boursorama avec AFP 25/02/2026 à 11:49

( AFP / LOIC VENANCE )

Le groupe suisse Adecco a publié mercredi des résultats en hausse pour le quatrième trimestre, portés par la demande de personnel temporaire, les incertitudes économiques et géopolitiques poussant les entreprises à préférer les intérimaires au recrutement permanent.

Les entreprises "naviguent à travers l'incertitude" et optent "pour le moment davantage pour le travail temporaire que le recrutement permanent", ce climat d'incertitude, entre les questions "géopolitiques" et "droits de douane" semblant "là pour rester", a déclaré son directeur général, Denis Machuel, lors d'une conférence de presse téléphonique.

Pour le quatrième trimestre, le groupe zurichois a fait état d'un bond de 21% de son bénéfice net, à 88 millions d'euros tandis que son chiffre d'affaires s'est accru de 1%, à 5,9 milliards d'euros sur fond de gains de parts de marchés. Il s'inscrit dans la lignée des prévisions des analystes interrogés par l'agence suisse AWP qui l'attendaient en moyenne à 5,9 milliards.

Sa croissance organique ajustée du nombre de jours ouvrables, qui permet d'évaluer le rythme des embauches, s'est pour sa part accrue de 4%, ses revenus progressant de 4% dans le placement de personnel flexible et de 2% dans les services de transition de carrière.

Le placement permanent s'est en revanche contracté de 2%, le repli étant cependant moindre que durant les trimestres précédents.

- Signes de stabilisation en France -

En France, son plus gros marché, le groupe a vu les revenus de l'enseigne Adecco se replier de 2%, M. Machuel voyant toutefois "des signes de stabilisation".

Si les revenus du groupe en France ont été freinés par le secteur de la logistique durant le quatrième trimestre, le patron du groupe suisse note cependant "une bonne traction" dans l'industrie, le bâtiment, l'aérospatiale et la défense ainsi que dans l'automobile.

En Amérique du Nord, les revenus d'Adecco ont progressé de 23%, dopés par la demande émanant des secteurs des biens de consommation, de l'alimentation et boissons ainsi que de l'automobile.

Aux Etats-Unis comme en Europe, M. Machuel relève un mouvement de "relocalisation". "De nombreuses entreprises ont annoncé d'énormes investissements aux Etats-Unis", mais "cela va prendre du temps avant de se déployer", estime-t-il.

La pandémie de Covid-19 avait déjà poussé de nombreuses entreprises à envisager de relocaliser une partie de leur production, mais les tensions géopolitiques mettent aussi les chaînes d'approvisionnement "à l'épreuve", prévient-il.

"Il y a cette volonté de se rapprocher des clients dans de nombreux pays, de réduire l'impact des droits de douane et d'accroître la résilience des chaînes d'approvisionnement", observe-t-il.

Pour l'ensemble de l'exercice 2025, le bénéfice du géant du placement de personnel s'est replié de 3% par rapport à l'année précédente, à 295 millions d'euros. Son chiffre d'affaires est resté quasi-stable à 23 milliards d'euros, a-t-il détaillé dans un communiqué.

A 09H44 GMT, l'action perdait une partie de ses gains initiaux, s'adjugeant 0,19% à 20,68 francs suisses alors que le SPI, l'indice élargi de la Bourse suisse, s'appréciait de 0,24%.

Dans un commentaire boursier, Michael Foeth, analyste chez Vontobel, jugeant que groupe a dégagé des résultats "solides, dans un environnement de marché difficile".

Fin janvier, son concurrent américain Manpower avait fait état d’une hausse de 2% de sa croissance organique au quatrième trimestre sur fond de stabilisation de la demande.

Lors d'une conférence d'analystes, son directeur général, Jonas Prising, avait expliqué que le groupe américain "ne parle pas encore d’une reprise générale" mais observe une "claire amélioration" d'indicateurs clés, notamment aux Etats-Unis et en France.