Accord de paix préliminaire entre l'Iran et les USA, signature prévue vendredi
information fournie par Reuters 15/06/2026 à 06:29

par Parisa Hafezi, Phil Stewart et Yomna Ehab

Des responsables américains et iraniens ont déclaré avoir conclu accord cadre en vue de mettre fin à leur guerre, qui prévoit notamment la levée du blocus américain contre l'Iran et la réouverture du détroit d'Ormuz, mais qui laisse le sort du programme nucléaire iranien en suspens.

"L'accord avec la République islamique d'Iran est désormais conclu", a écrit le président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social vers 21h30 GMT dimanche, confirmant les dires du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays a joué le rôle de médiateur, selon lequel un accord avait été conclu.

Le protocole d'accord, qui intervient juste avant le début du sommet du G7 d'Evian-les-Bains (Haute-Savoie) et qui fait baisser les cours du pétrole lundi matin, devrait être officiellement signé vendredi en Suisse.

Les termes précis de ce protocole d'accord n'ont pas été dévoilés à ce stade. Shehbaz Sharif a dit dans un message publié sur le réseau social X que le pacte prévoyait "la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Le Liban a constitué pendant des semaines un point d'achoppement dans les négociations, Israël et le Hezbollah ignorant jusqu'ici les appels de Donald Trump et d'autres à cesser leurs attaques mutuelles.

Dans un communiqué, le secrétariat du Conseil suprême de sécurité nationale iranien a déclaré que la guerre et les opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, prendraient fin définitivement à partir de lundi soir.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a noté qu'un accord plus complet serait négocié pendant une période de cessez-le-feu de 60 jours, comprenant notamment un allégement des sanctions contre l'Iran.

Le sort du programme nucléaire iranien, question centrale de l'affrontement entre Etats-Unis et Iran sera également abordé lors de ces pourparlers, ont précédemment dit des sources à Reuters.

Il n'y a pas eu de réaction immédiate à cette annonce de la part d'Israël, qui a dit ne pas avoir participé aux pourparlers entre les États-Unis et l'Iran.

RÉOUVERTURE DU DÉTROIT

Donald Trump a déclaré que le détroit d'Ormuz, une voie maritime majeure pour l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz que l'Iran a fermé de fait peu après l'attaque lancée contre lui le 28 février par les Etats-Unis et Israël, rouvrirait vendredi, ajoutant qu'il avait ordonné la fin du blocus américain des ports iraniens.

"Navires du monde, démarrez vos moteurs. Que le pétrole coule à flots !", a déclaré le président américain.

Les prix du pétrole chutent de plus de 4% à la suite de l'annonce du protocole d'accord tandis que les marchés boursiers asiatiques sont en vive hausse.

Matthew Miller, ancien porte-parole du département d'État de l'administration Biden, a estimé que Donald Trump avait fait d'importantes concessions à l'Iran pour rétablir le statu quo qui existait avant qu'il ne déclenche la guerre.

"Nous n'avons aucune garantie que le programme nucléaire sera un jour réglé, mais l'Iran a montré au monde entier qu'il pouvait prendre l'économie mondiale en otage et obtenir quelque chose des États-Unis en échange », a-t-il fait valoir.

Des milliers de personnes ont été tuées, principalement en Iran et au Liban, au cours du conflit.

La guerre contre l'Iran, qui a fait monter en flèche les cours du carburant à travers le monde et notamment aux Etats-Unis, a été très impopulaire auprès du public américain et ce à moins de six mois des élections législatives à mi-mandat où la majorité des Républicains de Donald Trump au Congrès est remise en jeu.

Le président américain subit également des pressions de la part de membres de son propre parti qui insistent pour que le programme nucléaire iranien soit complètement démantelé.

Le sénateur républicain Lindsey Graham, figure de proue des faucons anti-iraniens, a salué l'accord mais a déclaré qu'il "suivrait de près" les négociations à venir sur le programme nucléaire iranien.

"En vertu de notre législation, tout accord nucléaire avec l’Iran sera soumis au Congrès pour examen et vote", a-t-il dit.

(Version française Benoit Van Overstraeten)