Accor pointé par Grizzly Research pour des défaillances en matière de traite humaine, le titre s'effondre
information fournie par Zonebourse 19/03/2026 à 10:36

Le groupe hôtelier est mis en cause dans un rapport publié par Grizzly Research. Le vendeur à découvert affirme avoir identifié de graves manquements dans plusieurs hôtels de la chaîne. L'enquête de Grizzly rapporte que 80% des hôtels du groupe ayant répondu à ses sollicitations auraient accepté des demandes pourtant conçues pour faire apparaître des signaux d'alerte liés à l'exploitation sexuelle de mineurs ou au transfert d'orphelins ukrainiens vers la Russie. Le titre recule de 8% à Paris.

Alors que le groupe hôtelier se vante de prendre "des mesures décisives" en vue d'éliminer toute forme d'exploitation "comme le travail forcé ou l'exploitation sexuelle des enfants", les équipes de Grizzly assurent avoir conduit une enquête dont "les conclusions contrastent fortement" avec ces promesses.

"Nous avons contacté des hôtels Accor dans plus de 25 pays afin de réserver des chambres pour des filles mineures et des hommes adultes non apparentés dans un contexte sexuel évident", indique le rapport. "Nos demandes combinaient des mineurs, une zone de guerre active, une agence de mannequins non nommée, et un séjour de plus d'un mois sans parents ni autres tuteurs légaux", ajoute-t-il. Selon Grizzly, 80% des hôtels du groupe ayant répondu à ses sollicitations auraient accepté ces demandes.

Grizzly soutient en outre que des établissements en Russie, au Kazakhstan et en Ouzbékistan auraient accepté d'héberger des mineurs ukrainiens destinés à l'adoption par des familles russes. "Ils nous ont indiqué qu'ils maintiendraient l'arrangement confidentiel vis-à-vis de la presse, du siège français d'Accor et des ambassades ukrainiennes", affirme Grizzly.

"Afin de mettre nos résultats en perspective, nous avons contacté des hôtels non affiliés à Accor dans les mêmes zones avec le même e-mail de prise de contact. Nous avons constaté un taux de réponse et une volonté de satisfaire nos demandes significativement plus faibles. Sur 56 hôtels non Accor contactés, un seul semblait disposé à répondre favorablement à nos demandes problématiques", assure les analystes.

Grizzly va plus loin en présentant aussi des liens indirects entre Accor, certaines enseignes affiliées et Jeffrey Epstein.

Si elles étaient étayées, ces accusations pourraient exposer Accor à des risques juridiques, réputationnels et réglementaires importants. A l'heure où nous bouclons ces lignes, Accor n'a pas encore réagi à notre sollicitation.

Sans surprise, Grizzly Research a déclaré prendre une position courte sur le groupe hôtelier français.