Abivax-Le DG dénonce le "bruit médiatique" autour de l'offre potentielle d'Eli Lilly information fournie par Reuters 20/01/2026 à 12:00
par Sabrina Valle
Le directeur général d'Abivax ABVX.PA , Marc de Garidel, a démenti les informations parues dans la presse française selon lesquelles l'Américain Eli Lilly LLY.N envisage de racheter la société française de biotechnologie, ajoutant que les spéculations du marché sur un examen par les autorités françaises étaient incompatibles avec le contrôle des investissements étrangers en France.
Ces dernières semaines, les investisseurs cherchant à profiter des fluctuations du cours de l'action d'Abivax ont alimenté les rumeurs selon lesquelles le géant pharmaceutique américain aurait approché la société en vue d'une acquisition.
Entre juillet et décembre, l'action Abivax a bondi de plus de 2.000% pour atteindre un pic de 145 euros par action le 26 décembre, avant de retomber à 101 euros, le gouvernement français ayant entretemps démenti les rumeurs.
La hausse s'explique en grande partie par l'enthousiasme suscité par les résultats positifs des essais cliniques de phase III, publiés le 22 juillet, concernant l'Obefazimod, le médicament d'Abivax contre les maladies inflammatoires de l'intestin.
Mais le cours a grimpé en flèche après la publication, en décembre, d'un article du quotidien français La Lettre affirmant qu'Eli Lilly avait entamé des discussions avec le gouvernement français en vue du rachat d'Abivax.
Le gouvernement français et Abivax ont tous deux démenti ces informations.
Marc de Garidel a déclaré à Reuters lors d'une interview qu'il ne connaissait pas les détails d'une éventuelle réunion entre Eli Lilly ou toute autre entreprise et le ministère français des Finances.
"Il n'y a eu aucune discussion concernant l'acquisition d'Abivax (...) s'il y a eu une telle discussion, elle serait illégale", a-t-il déclaré.
"Le bruit médiatique autour de cette acquisition potentielle est une distraction, mais notre devoir est de ne pas nous laisser distraire."
L'IDÉE DE DISCUSSIONS "NE PEUT PAS ÊTRE RÉELLE"
Le directeur général a déclaré que les affirmations selon lesquelles le ministère français des Finances aurait été approché étaient incompatibles avec la séquence d'événements requise pour l'implication du gouvernement.
Bien qu'il soit possible qu'une entreprise envisageant l'acquisition d'une société française ait pu rencontrer le ministère pour comprendre la procédure, le processus d'examen proprement dit ne commencerait qu'après l'annonce d'un accord, a-t-il déclaré.
"Avant même d'entamer des discussions avec le gouvernement sur cette réglementation des investissements directs étrangers, il faut une première étape : une transaction publique communiquée entre l'acquéreur et l'entreprise acquise. Or, cela n'a pas été le cas", a-t-il déclaré.
"Par conséquent, l’idée que nous aurions discuté en France de l’acquisition d’Abivax ne peut être réelle, car cela aurait nécessité, là encore, une annonce formelle des deux sociétés concernant la transaction."
Le directeur général a refusé de commenter d'éventuelles discussions informelles avec des sociétés pharmaceutiques.
Abivax a déclaré disposer de liquidités suffisantes pour financer ses projets jusqu'au quatrième trimestre 2027, mais qu'elle aurait besoin de lever des capitaux supplémentaires pour atteindre le seuil de rentabilité.
Le groupe a rencontré des dizaines d'investisseurs potentiels lors de la conférence JP Morgan Healthcare qui s'est tenue la semaine dernière à San Francisco.
"Nous cherchons constamment à élargir notre actionnariat avec des investisseurs de qualité. Concernant les 'acheteurs', nous ne commentons pas les rumeurs ou spéculations de marché", a déclaré Abivax.
(Rédigé par Sabrina Valle à New York ; version française Etienne Breban; édité par Augustin Turpin)