-30% en une semaine : tout comprendre sur l'onde de choc d’Ubisoft
information fournie par Le Particulier 27/01/2026 à 16:45

( crédit photo : Getty Images )

Ubisoft traverse une zone de turbulences sans précédent. Jeudi 22 janvier, le titre a enregistré une chute historique de près de 40% en séance, la plus forte baisse journalière de son histoire. Depuis, l'action tente péniblement de se stabiliser, mais l'annonce d'un vaste plan de restructuration peine à rassurer les marchés.

Sommaire:

  • Un jeudi noir historique pour le titre Ubisoft
  • Cure d'austérité et réorganisation: le plan d'Ubisoft a surpris les investisseurs
  • Quel avenir pour Ubisoft?

Un jeudi noir historique pour le titre Ubisoft

Ubisoft a provoqué une véritable onde de choc à la Bourse de Paris jeudi dernier. Le coup de semonce sur le titre est dû à l'annonce d'une restructuration majeure, accompagnée de l'annulation de certains jeux très attendus, comme le remake de «Prince of Persia: Les Sables du Temps» et du report de sept autres. L'action Ubisoft a clôturé en baisse de presque 40% en une seule séance, battant largement son précédent record négatif d'octobre 2013, où le titre avait reculé de 31,92%.

La timide remontée observée en début de semaine ne suffit toutefois pas à effacer des performances boursières particulièrement dégradées:

  • -30% depuis le 1er janvier,
  • -42% sur trois mois,
  • -95% sur cinq ans.

Sur l'année 2025, l'action accuse également une baisse de 51%, sous-performant largement son indice de référence, le SBF 120, qui a progressé dans le même temps d'environ 10%. Comment expliquer une telle dégringolade pour un titre qui évoluait encore à plus de 70 euros il y a cinq ans? Les causes sont multiples.

Cure d'austérité et réorganisation: le plan d'Ubisoft a surpris les investisseurs

Empêtré dans des difficultés financières récurrentes, fragilisé par ses affaires judiciaires et marqué par des échecs critiques et commerciaux, le groupe s'est résolu à officialiser jeudi un plan d'austérité massif. Si cette cure de rigueur était attendue, son ampleur a surpris et alarmé les investisseurs.

Dans la foulée, la direction a annoncé ce lundi envisager la suppression de près de 200 postes en France, principalement au siège de Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne. Après plusieurs vagues de restructurations ayant déjà frappé les studios internationaux (San Francisco, Osaka, Stockholm…), ce sont désormais les équipes françaises qui sont visées par un projet de rupture conventionnelle collective. Il s'agit d'un signal fort: même le bastion historique d'Ubisoft n'est plus sanctuarisé face à l'urgence des économies.

Quel avenir pour Ubisoft?

L'activité opérationnelle d'Ubisoft reste lourdement fragilisée par des lancements au succès mitigé. Si Star Wars Outlaws n'a jamais atteint les sommets commerciaux espérés, c'est surtout l'essoufflement apparent de la licence phare Assassin's Creed qui préoccupe. Bien que la franchise demeure un pilier stratégique, son affaiblissement progressif - observé jusqu'au récent Assassin's Creed Shadows - soulève des doutes sur la capacité du studio à renouveler un modèle aujourd'hui jugé trop prévisible.

Pour tenter de retrouver son souffle créatif, le groupe amorcera en avril une réorganisation profonde autour de cinq pôles semi-indépendants, baptisés «maisons créatives». Ces entités piloteront leurs projets de A à Z et, surtout, seront désormais directement comptables de leurs propres performances financières.

Pour certains analystes, ce découpage pourrait également préfigurer, à moyen terme, une cession partielle d'actifs ou une recomposition du périmètre du groupe.