11% des Français utilisent l'IA avant d'investir: assistance précieuse ou fausse sécurité?
information fournie par Le Particulier 24/07/2026 à 10:56

11% des Français consultent l’IA avant d’investir: un outil rapide pour comparer et comprendre, mais qui questionne la fiabilité des décisions. ( crédit photo : Getty Images )

Comparer des placements, décrypter un produit financier ou obtenir une explication en quelques secondes : l’intelligence artificielle s’invite progressivement dans les habitudes des épargnants. Selon une récente étude, si son utilisation reste encore minoritaire, elle commence déjà à transformer la manière dont certains Français préparent leurs décisions.

Sommaire:

  • L'IA s'installe dans le parcours des investisseurs
  • Des usages ciblés chez les investisseurs les plus actifs
  • Un outil performant… mais qui ne remplace pas un conseil
  • Une fracture générationnelle… mais aussi entre les femmes et les hommes

L'IA s'installe dans le parcours des investisseurs

D’après l’enquête(1) de l’Autorité des marchés financiers (AMF) menée auprès de plus de 2000 personnes, 11% des Français déclarent recourir à l’intelligence artificielle pour s’informer avant de réaliser un placement. Cela représente un peu plus d’un Français sur dix. Pouvait-il en être autrement? Massivement adoptée pour de nombreuses tâches quotidiennes, la technologie devient désormais aussi un soutien dans la prise de décision financière, où elle est perçue comme un premier guide pédagogique.

Des usages ciblés chez les investisseurs les plus actifs

Concrètement, l’intelligence artificielle est principalement utilisée pour comparer plusieurs placements, mieux comprendre le fonctionnement de certains produits financiers ou encore décrypter des notions parfois techniques, comme la fiscalité, les frais ou les mécanismes de rendement.

Dans le détail, elle est utilisée par:

  • 33% des investisseurs en crypto-actifs ;
  • 24% des adeptes du financement participatif ;
  • 19% des investisseurs en Bourse*

Au total, l’AMF note ainsi que « 29 % des Français prêts à accepter une plus grande part de risque pour leurs placements, dans l’espoir d’obtenir la meilleure rémunération possible, ont recours à l’intelligence artificielle pour s’informer en amont de leurs décisions ».

Un outil performant… mais qui ne remplace pas un conseil

Au-delà de la recherche pure, beaucoup d‘épargnants perçoivent dans l’IA un potentiel prometteur: une meilleure personnalisation des recommandations, l’optimisation des performances financières ou encore la réduction des coûts de gestion. Pourtant, tout n’est pas rose… et une grande méfiance persiste.

Près de 67% des Français redoutent ainsi qu’elle ne conduise à des erreurs ou à de mauvais choix. De plus, la transparence quant à la sélection des placements suscite des inquiétudes chez plus d’un répondant sur deux. L’outil s’utilise donc avec précaution. L’IA n’est pas perçue comme un instrument auquel accorder une confiance aveugle, mais plutôt comme un levier d’accompagnement ponctuel. Les comportements en témoignent directement:

  • 54% des utilisateurs la sollicitent en complément de leurs propres recherches personnelles (notamment sur Internet) ;
  • 41% d'entre eux s'en servent en complément des conseils fournis par leur établissement financier ou leur gestionnaire de patrimoine.

C’est pourquoi le régulateur temporise l’ampleur du phénomène: « Le recours exclusif à l’IA comme source d’information fiable avant de prendre une décision d’investissement reste cependant très minoritaire (5% des personnes qui recourent à l’IA) », souligne l’AMF.

Une fracture générationnelle… mais aussi entre les femmes et les hommes

Autre enseignement marquant de l‘étude: l’utilisation de l’intelligence artificielle varie selon les profils. Sans surprise, les jeunes générations sont les plus enclines à s’appuyer sur ces outils pour préparer leurs décisions d’investissement.

Mais le point le plus intéressant - et alarmant? - est peut-être ailleurs. L’AMF met en effet en évidence un écart entre les femmes et les hommes: 13% des hommes déclarent utiliser l’IA avant d’investir, contre 9% des femmes. Cette différence fait écho à leur présence encore inégale dans l’univers de l’investissement. Rappelons que toujours selon cette étude, 24% des femmes déclaraient investir en Bourse en 2025, contre 45% des hommes.

Pour réduire cet écart, le régulateur a par ailleurs présenté, le 6 mai dernier, un plan d‘éducation financière intégré à la « Stratégie nationale 2026-2028 », menée avec la Banque de France et le ministère de l‘Économie. Des mesures très concrètes sont d’ores et déjà prévues à court terme, notamment la création d’un espace pédagogique entièrement dédié aux femmes au sein de la rubrique « Épargnants » du site de l’AMF.

Source:

(1) AMF - Baromètre de l’épargne et de l’investissement 2025 .