Bruno Retailleau a appelé Emmanuel Macron à "sortir" d'une "mauvaise conscience mémorielle" due à la colonisation française du pays et à la guerre d'Algérie.
Bruno Retailleau et Emmanuel Macron à Paris, le 5 novembre 2024. ( POOL / STEPHANIE LECOCQ )
"Je ne sais pas ce qui le fait dépendre autant de ce régime algérien". L'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau a accusé 29 avril mercredi Emmanuel Macron d'avoir "fait preuve de faiblesse" et d'être "dans une forme de dépendance" vis-à-vis de l'Algérie. Lundi, le président avait critiqué les "mabouls" voulant se fâcher avec ce pays, sans spécifiquement viser le patron des Républicains.
"Avec l'Algérie, bien entendu, je pense qu'il a fait preuve de faiblesse" , a estimé Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle de 2027, sur TF1 . "Il est dans une forme de dépendance", a-t-il ajouté en évoquant le chef de l'État. "Je ne sais pas ce qui le fait dépendre autant de ce régime algérien."
Emmanuel Macron a lancé lundi une pique aux partisans d'une ligne dure avec le pouvoir algérien, en ciblant "tous les mabouls" qui veulent "se fâcher avec l'Algérie" . Le président évoquait le cas des médecins étrangers travaillant en France, en visitant l'hôpital de Lavelanet, dans l'Ariège.
Le système des praticiens diplômés hors Union européenne (Padhue), "c'est encore le bordel. C'est un truc qui me rend dingue ! C'est la folie du système français ", a-t-il aussi relevé devant un médecin originaire d'Oran (Algérie). Il a déploré qu'on ne leur facilite pas la vie, en leur faisant repasser des concours, alors qu'ils contribuent à la lutte contre les déserts médicaux.
"Mauvaise conscience mémorielle"
"C'est des gens remarquables qu'on fait bosser, qui font de la médecine , qui sont à l'hôpital et, le jour où il faut les titulariser (...) on repart tout de zéro, il faut passer un concours pour emmerder le monde", a-t-il pointé.
"On a besoin de ces femmes et ces hommes qui servent notre pays" , a-t-il explicité un peu plus tard lors de son arrivée en Andorre pour la suite de cette visite, jugeant "important de pouvoir coopérer avec des pays en ayant un dialogue exigeant, défendant nos intérêts (...) mais en étant respectueux de chacun".
Emmanuel Macron avait assuré ne viser "personne", mais les propos semblaient notamment adressé à Bruno Retailleau, tenant d'une ligne très ferme avec le pouvoir algérien.
Celui-ci avait réagi dès lundi, en affirmant que "la politique des bons sentiments est condamnée à l'échec" quand il s'agit de l'Algérie.
Mercredi, Bruno Retailleau a appelé Emmanuel Macron à "sortir" d'une "mauvaise conscience mémorielle" due à la colonisation française du pays et à la guerre d'Algérie. "Les Français d'aujourd'hui veulent tourner la page", a-t-il dit.
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