Emmanuel Macron à Portoroz, en Slovénie, le 20 octobre 2025. ( AFP / JURE MAKOVEC )
"Il y a les menaces et les intimidations. Et puis, d’un seul coup, Washington recule. Et on pense que c’est fini. Mais n'y croyez pas une seule seconde", a analysé le président français Emmanuel Macron dans la presse européenne ce mardi 10 février.
Les Européens sont prévenus. Selon Emmanuel Macron, les "menaces" commerciales et "intimidations" des Etats-Unis ne sont pas "finies" et "seront balayés" s'ils n'instaurent pas une "préférence européenne" dans des secteurs stratégiques face à la concurrence américaine et chinoise, dans un entretien publié ce mardi 10 février par plusieurs journaux européens, dont Le Monde, The Economist et la Suddeutsche Zeitung.
Dans ces journaux, le président français met en garde contre "une forme de lâche soulagement" des dirigeants des pays de l'Union européenne "au sortir du pic de la crise" avec Donald Trump. "Il y a les menaces et les intimidations. Et puis, d’un seul coup, Washington recule. Et on pense que c’est fini. Mais n'y croyez pas une seule seconde. Chaque jour, les menaces sur la pharmacie, le numérique…", dit-il. Selon lui, "quand il y a une agression caractérisée", "nous ne devons pas courber l'échine ou essayer de trouver un arrangement". "On a essayé cette stratégie pendant des mois, elle n’est pas payante. Mais surtout, elle conduit stratégiquement l'Europe à accroître sa dépendance", estime-t-il.
"Des eurobonds d’avenir"
Alors que se profilent cette semaine des rencontres des dirigeants européens sur la compétitivité et l'industrie, il plaide pour "la simplification" et "l'approfondissement du marché intérieur" de l'UE, et la "diversification" des partenariats commerciaux. Surtout, il appelle à "protéger notre industrie" sans "être protectionniste", avec une "préférence européenne" sur "certains secteurs stratégiques, comme les cleantechs, la chimie, l’acier, l’automobile ou la défense, sinon les Européens en seront balayés". Une proposition qu'il porte de longue date et sur laquelle la Commission européenne a fait lundi des propositions similaires. Enfin, il relance l'idée d'un endettement commun européen, défendu par la France depuis des années mais toujours repoussé par d'autres pays, dont l'Allemagne, qui n'a fait de rares exceptions, notamment pour lutter contre le Covid-19.
Il évalue les besoins d'investissements publics et privés dans l'UE à "quelque 1.200 milliards d'euros par an" en additionnant les nécessités dans "les technologies vertes et numériques" et "la défense et la sécurité". "C'est le moment de lancer une capacité commune d’endettement pour ces dépenses d’avenir, des eurobonds d’avenir", martèle le président français dans cet entretien publié aussi par le Financial Times ou El Pais.
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