Une bouteille de cognac Remy Martin LOUIS XIII est exposée au siège de Remy Cointreau SA à Paris
par Sybille de La Hamaide
Les exportations françaises de vins et spiritueux ont reculé en 2025 pour la troisième année consécutive, selon des données publiées mardi par la Fédération des exportations de vins et spiritueux de France (FEVS), qui met en cause les droits de douane américains et chinois et le renchérissement de l'euro.
En 2025, les exportations françaises de vins et spiritueux ont chuté de 8% à 14,3 milliards d'euros et de 3% en volume à 168 millions de caisses.
Depuis 2022, les exportations françaises de vins et spiritueux ont chuté de 17% en valeur. Le secteur est tombé du deuxième au troisième rang des industries françaises à l'export, derrière l'aérospatiale et les cosmétiques, en raison de l'intensification des tensions commerciales.
Aux États-Unis, les ventes ont chuté de 21% à 3 milliards d'euros et les volumes sont tombés sous la barre des 30 millions de caisses l'année dernière. La hausse des droits de douane sur les expéditions vers les États-Unis, tout comme la menace d'une augmentation encore plus importante pouvant atteindre 200%, ont freiné la demande, en particulier au second semestre.
"Il y a une vraie baisse aux États-Unis et à ce compte-là, la correction volume n'aura pas été suffisante et peut-être qu'on aura de nouveau une correction volume en 2026", a déclaré Gabriel Picard, président de la FEVS, à Reuters en amont du salon Wine Paris.
La Chine a enregistré une baisse de 20% de ses achats, à 767 millions d'euros, les surtaxes ayant fortement réduit les expéditions de cognac, d'armagnac et d'autres spiritueux à base de vin, a indiqué la FEVS.
Les exportations de cognac, spiritueux phare du secteur, ont chuté de 15% en volume et de 24% en valeur, devenant ainsi l'une des principales victimes de l'escalade des tensions commerciales.
"Ce sont ces tensions géopolitiques entre la France et la Chine qui ont marqué le coup d'arrêt du cognac en Chine. (...) Reconstruire, ça prend beaucoup de temps", a déclaré Gabriel Picard.
En Europe, les exportations de vins et spiritueux sont restées globalement stables à 4,1 milliards d'euros, avec une bonne résilience sur des marchés tels que le Royaume-Uni, où les volumes ont augmenté de 3%, a indiqué la FEVS.
Les ventes en Afrique du Sud ont quant à elles bondi de 22% pour atteindre 182 millions d'euros. Le Vietnam, les Philippines et l'Australie affichent également une forte dynamique, offrant des options de diversification alors que les marchés traditionnels se contractent.
Le secteur devrait bénéficier des nouveaux accords commerciaux de l'Union européenne (UE) avec le Mercosur et à plus long terme avec l'Inde où la demande est en expansion, a estimé Gabriel Picard, tout en prévenant d'une année 2026 encore difficile sans une amélioration de l'accès au marché.
(Rédigé par Sybille de La Hamaide ; version française Coralie Lamarque, édité par Blandine Hénault)

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