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Abdul Malik al-Houthi, énigmatique et opiniâtre chef rebelle
information fournie par Reuters 16/09/2026 à 17:54
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par Michael Georgy, Jana Choukeir et Maha El Dahan

A la tête du mouvement militaire, politique et religieux qui porte son nom et celui de son clan, Abdul Malik al-Houthi vient de remporter un succès stratégique de portée mondiale en menant ses combattants jusqu'aux portes du détroit de Bab el-Mandeb et s'affirme comme le plus précieux allié arabe de l'Iran, après l'exécution par Israël des dirigeants du Hezbollah et du Hamas.

Énigmatique personnage âgé d'une quarantaine d'années, celui qui se présente comme un "sayyed", un descendant du prophète Mahomet, et n'apparaît jamais en public s'est forgé une réputation de commandant redoutable sur le champ de bataille avant de prendre la tête du groupe armé, lequel a émergé dans les années 1990 pour défendre les intérêts des chiites zaydites.

Cette secte minoritaire, dont le royaume établi dans le nord du Yémen a perduré pendant près d'un millénaire, jusqu'en 1962, craignait d'être marginalisée par le régime d'Ali Abdallah Saleh, président du Yémen du Nord de 1978 à 1990 puis du Yémen unifié de 1990 à 2012.

"(Al-Houthi) est parvenu à transformer une milice rurale principalement engagée dans des tactiques de guérilla en l'un des groupes armés non étatiques les plus résilients de la région", résumait Ludovico Carlino, analyste risque chez HIS Markit, à Reuters en 2024.

Les Houthis, qui se sont emparés en septembre 2014 de la capitale yéménite Sanaa, résultat d'un complexe jeu d'alliances sur fond de guerre civile, résistent depuis plus de dix ans à une coalition mise sur pied par l'Arabie saoudite, en s'appuyant sur un arsenal de drones et missiles balistiques constitué avec l'aide de Téhéran.

S'ils réfutent l'étiquette de "marionnettes" de la République islamique et déclarent lutter contre un système corrompu et des voisins agressifs, l'Arabie saoudite et les autres monarchies du Golfe accusent l'Iran de les armer et de les entraîner, ce que dément Téhéran.

"TYRANNIE"

Abdul Malik al-Houthi affirme que son mouvement est assiégé en raison de sa religion. "Nous devons nous concentrer sur la préservation de l'authenticité de notre affiliation islamique et notre identité", a-t-il dit par le passé.

Depuis 2023, les Houthis ont élargi leur combat à l'ensemble du Proche et Moyen-Orient, en frappant Israël et en attaquant des navires en mer Rouge en solidarité avec les Palestiniens de Gaza.

Lors d'un discours prononcé pendant la guerre israélienne contre l'enclave côtière, Abdul Malik al-Houthi est apparu dans une vidéo, le traditionnel poignard recourbé yéménite posé sur la poitrine, en décrivant le blocus de Gaza comme un crime contre l'humanité et en dénonçant l'inaction des pays arabes et musulmans.

"Nous réaffirmons notre position inébranlable contre la tyrannie américaine et israélo-sioniste, qui prend pour cible l'ensemble de notre nation sous le prétexte de 'changer le Moyen-Orient'", a-t-il dit le mois dernier lors d'un discours marquant l'anniversaire de Mahomet.

D'après une source au fait de la question, chacune des allocutions de Abdul Malik al-Houthi est enregistrée et aucun officiel étranger traitant avec les Houthis ne l'aurait rencontré. Nombre de ceux ayant sollicité une rencontre ont été priés de se rendre à Sanaa, conduits par convoi dans des maisons sûres et, après des contrôles de sécurité, jusqu'à une pièce à l'étage où le dirigeant houthi apparaissait... sur un écran.

Son porte-parole militaire, Yahya Saree, est devenu du même coup le visage public du mouvement. Sanglé dans son uniforme, il déclame ses communiqués d'une voix théâtrale, insistant sur certains mots et haussant brusquement le ton pour appuyer ses propos. Il est ainsi devenu une figure immédiatement reconnaissable dans la région.

Selon des sites houthis et son compte personnel sur le réseau social X, Yahya Saree est titulaire d'une maîtrise en diplomatie et relations internationales de l'Académie yéménite des études supérieures. Sa thèse portait sur "la menace que représente la présence israélienne en mer Rouge pour la sécurité nationale de la république du Yémen, 2010-2022".

(Jean-Stéphane Brosse pour la version française)

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