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A Wine Paris, Macron promet de défendre le vin français à l'export
information fournie par AFP 09/02/2026 à 21:39

Le président Emmanuel Macron goûte un vin lors de sa visite au salon Wine Paris 2026 au parc des expositions de la Porte de Versailles, le 9 février 2026 à Paris ( POOL / Yoan VALAT )

Le président Emmanuel Macron goûte un vin lors de sa visite au salon Wine Paris 2026 au parc des expositions de la Porte de Versailles, le 9 février 2026 à Paris ( POOL / Yoan VALAT )

Défendre le vin français en France et à l'international: Emmanuel Macron a marqué son soutien à cet "art de vivre à la française" bousculé par la guerre des droits de douane, en inaugurant lundi Wine Paris, salon international de référence de la filière.

"La clé, c'est de défendre d'abord la consommation avec modération (..) En même temps, on défend le vin français comme faisant partie de l'art de vivre à la française, de notre gastronomie, sa consommation et l'export", a lancé le chef de l’État. "La France, c'est le pays du vin. (...) il faut être fier de ce qu'on est".

La dernière inauguration présidentielle de Vinexpo Bordeaux — prédécesseur de Wine Paris — remontait à 2015, par François Hollande. Celle de 2026 intervient dans un contexte difficile pour la filière du vin. "On reste combatif", a répondu un responsable au chef de l’État, qui demandait si "le moral est bon".

Le secteur vinicole, confronté au dérèglement climatique, doit aussi faire face à de nouveaux modes de consommation (moins d'alcool, plus de vins frais, etc.) et subit les tensions géoécononomiques mondiales, en particulier des droits de douane accrus imposés par l'administration Trump aux alcools européens.

"Un des points clés, c'est de bien exporter en Europe, de le défendre à l'international quand il est attaqué par des pratiques qui sont agressives et puis d'aller conquérir de nouveaux marchés", a insisté le président citant l'Inde, le Canada ou le Brésil.

- Marchés pivot -

Emmanuel Macron — qui s'est vu offrir un magnum de vin chinois — a évoqué la "concurrence" de la Chine qui "sait produire" ou des Italiens, deuxièmes exposants en matière de superficie à Wine Paris.

Face à la surproduction dans certaines régions, le gouvernement a ouvert vendredi un plan d'aide à l'arrachage de vignes. "Il faut le faire (..) pour que les autres (vignes) gardent de la valeur", a-t-il expliqué, appelant à poursuivre l'"innovation" dans la filière.

Cette "venue était un geste symbolique fort", a réagi auprès de l'AFP le vigneron Gérard Bertrand, qui a longuement échangé avec lui. "Ça met du baume au cœur. Il a été à l'écoute des enjeux de restructuration, de reconquête commerciale... Et puis il fallait reparler de l'importance du vin dans la société, qui est un produit civilisationnel, qu'on fait depuis 24 siècles".

"Cela montre l'importance de notre secteur qui mérite d'être soutenu," a dit Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS), qui présentera mardi son bilan 2025.

D'ores et déjà, selon les Douanes, les exportations françaises de boissons ont diminué de 7% en 2025, avec un recul de 20% vers les Etats-Unis.

À Wine Paris, 60.000 visiteurs du monde entier (acheteurs, distributeurs...) sont attendus par plus de 6.000 exposants venus de tous les grands pays producteurs.

Le ministre italien de l'Agriculture a inauguré, aux côtés du chanteur Al Bano, le stand de l'Italie, premier pays producteur de vin, et premier exportateur (en volume) selon les derniers chiffres de 2024.

Le président Emmanuel Macron lors de sa visite au salon Wine Paris 2026 au parc des expositions de la Porte de Versailles, le 9 février 2026 à Paris ( POOL / Yoan VALAT )

Le président Emmanuel Macron lors de sa visite au salon Wine Paris 2026 au parc des expositions de la Porte de Versailles, le 9 février 2026 à Paris ( POOL / Yoan VALAT )

"Nous sommes ici pour accompagner nos exploitations, plus de 1.300 sont ici qui racontent l'Italie du vin et la capacité à innover", a dit Francesco Lollobrigida à l'AFP, évoquant un travail commun avec la France pour éviter que le vin soit vu comme "un produit dangereux".

Au sujet de l'impact des droits de douane américains, il juge que "le désastre (annoncé) heureusement ne s'est pas produit, et nos exportations ont même augmenté", même s'il faut faire un bilan sur deux ans.

"La réponse la plus évidente est que les vins (européens), quand ils arrivent sur le marché américain, produisent 3, 4 ou 5 fois leur valeur, qui reste aux États-Unis. Donc, ne pas importer nos vins revient à s'appauvrir", dit-il, confiant aussi dans le "bon réseau de distribution" que forment les 70.000 restaurants italiens outre-Atlantique.

Dans les travées du salon, la recherche de marchés diversifiés est au cœur des conversations.

"On voit des marchés qui pourraient devenir des marchés de pivot", souligne Rodolphe Lameyse, directeur général de Vinexposium, l'organisateur de Wine Paris. L'accord de libre échange du "Mercosur est une opportunité", dit-il.

Il cite également le récent accord commercial UE-Inde, qui promet une forte réduction de droits de douane sur les alcools européens et les mesures de rétorsion prises depuis 2025 au Canada contre les alcools américains, ce qui pourrait ouvrir ce marché à d'autres.

Pour la première fois dans l'histoire du salon, les fabricants spécialisés dans les vins et boissons sans alcool ont aussi droit à un pavillon, "Be no" (une soixantaine d'exposants).

Pour M. Lameyse, "ça ne va pas cannibaliser la part de marché du vin traditionnel, ça va rajouter du business supplémentaire".

4 commentaires

  • 09 février 19:21

    Qui peut bien encore le croire....?


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