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"La primaire est finie": en meeting, Mélenchon met le reste de la gauche sous pression
information fournie par AFP 07/06/2026 à 19:02

Jean-Luc Mélenchon (LFI), pour son premier meeting de campagne présidentielle, le 7 juin 2026 à Saint-Denis ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Jean-Luc Mélenchon (LFI), pour son premier meeting de campagne présidentielle, le 7 juin 2026 à Saint-Denis ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

"Vous ne pourrez pas dire, si malheur arrive, +je ne savais pas+": Jean-Luc Mélenchon a tenu dimanche, lors de son premier meeting de campagne, à s'imposer comme la seule option possible à gauche pour l'emporter face au Rassemblement national, en décrétant notamment que la primaire unitaire était "finie".

"Chaque voix compte dès le premier tour (...) Le deuxième tour, ceux qui n'ont aucune chance d'y accéder devraient se garder de nous empêcher d'essayer de le gagner", a prévenu le candidat LFI, à l'attention du reste de la gauche.

Devant la presse, son bras droit Manuel Bompard a passé un message aux Ecologistes et aux communistes: "La discussion est ouverte, vous pouvez avoir votre place dans cette campagne".

"Venez prendre votre part dans la bataille", a-t-il également lancé pour les électeurs de gauche qui seraient encore indécis.

Pour ce premier meeting de campagne présidentielle Insoumis, c'était une foule dense de 26.000 spectateurs - selon les organisateurs - qui était réunie, malgré la chaleur et le soleil, sur le béton de la place Victor Hugo à Saint-Denis.

Un lieu symbolique, situé entre la mairie, dirigée par l'Insoumis Bally Bagayoko depuis les dernières municipales, et la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France.

Dans la plus grande ville de banlieue parisienne, les Insoumis entendaient faire une "démonstration de force".

Et s'imposer comme la seule option crédible à gauche, en surfant sur le bon lancement de campagne de Jean-Luc Mélenchon le mois dernier, avec notamment des sondages qui le donnent parfois aux portes du second tour - même si ces enquêtes lui promettent une large défaite face à Jordan Bardella ou Marine Le Pen.

Le meilleur moyen pour cela: accentuer le contraste entre l'efficacité qui se dégage de l'appareil LFI et le reste de la gauche, encore embourbée dans la question de la primaire unitaire, qui ne semble toujours pas décoller en raison du refus d'une partie du Parti socialiste et de Raphaël Glucksmann d'y participer.

Alors que les experts estiment qu'une victoire du Rassemblement national en 2027 est plus que possible, le quadruple candidat à la présidentielle s'est ainsi présenté comme la seule alternative face au RN, qu'il a accusé de promouvoir un "suprémacisme" visant à diviser les peuples "en ethnie et en religion".

Aucune mention des candidats macronistes Gabriel Attal et Edouard Philippe, mais une affirmation: "Le macronisme restera la régression sociale et la misère pour le plus grand nombre".

- "On est chez nous" -

Premier meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, le 7 juin 2026 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Premier meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, le 7 juin 2026 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Aux côtés de Bally Bagayoko et des élus du mouvement de gauche radicale présents en nombre, Jean-Luc Mélenchon a eu l'occasion de dérouler les principaux axes de son programme et surtout de vanter sa "Nouvelle France": une société plus connectée, urbaine et métissée, qu'il se réjouit de voir notamment incarnée par un maire d'origine malienne prenant la parole devant la nécropole des rois de France.

"On a vu s'enflammer les obsédés de la race, qui, projetant sur nous leurs névroses communautaristes, se sont emportés à nous montrer du doigt", a-t-il regretté.

"Nous ne renierons pas, mesdames et messieurs les fachos, les sacrifices et l'amour de nos grands-parents qui nous permettent d'être ici dans ce pays qu'ils ont tant contribué à bâtir", a-t-il repris.

"On est chez nous!", a-t-il enfin lancé en écho à la foule. Une formule rare dans la bouche d'un dirigeant de gauche, car habituellement utilisée par l'extrême droite et les nationalistes, mais ici détournée.

- Indépendance de la Nouvelle-Calédonie -

Outre l'anti-racisme, le quadruple candidat à la présidentielle a également insisté sur un des autres points importants de son programme: la planification écologique.

"Les régions seront entièrement restructurées autour des grands bassins versants des fleuves. Elles seront dédiées à la bifurcation écologique", a-t-il proposé.

Le fondateur du mouvement de gauche radicale a également assuré que la Nouvelle-Calédonie irait "vers l'indépendance" s'il remportait la présidentielle, promettant à la Corse "l'autonomie étendue" au nom des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Avant de lancer un message aux "camarades de la Réunion et des Antilles": "aucun tabou à ce sujet de l'autonomie. La perspective sera le droit complet à l'autonomie quand et seulement quand les populations concernées la souhaitent, et au rythme qu'ils auront choisi".

Avant sa prise de parole, le tribun Insoumis a également pu compter sur le soutien des écrivains Annie Ernaux et Eric Vuillard.

"Le programme de Jean-Luc Mélenchon, c'est un programme de vie fondé sur la justice, la dignité, l'éducation, la culture", a notamment déclaré la prix Nobel de littérature 2022, les épaules recouvertes d'un keffieh.

Après ce meeting de Saint-Denis, d'autres candidats - affirmés ou pressentis - réuniront leurs troupes aux cours des week-ends qui suivent: Raphaël Glucksmann (13 juin), Bruno Retailleau (20 juin) et Edouard Philippe (5 juillet).

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