Zone euro/PMI-La croissance du secteur privé ralentit à son plus bas niveau en neuf mois
information fournie par Reuters 07/04/2026 à 10:23

La croissance du secteur privé de la zone euro a considérablement ralenti en mars, la guerre au Moyen-Orient ayant entraîné une hausse des coûts énergétiques et perturbé les chaînes d'approvisionnement, montrent mardi les données définitives de l'enquête mensuelle de S&P Global auprès des directeurs d'achats.

La demande globale, un indicateur clé pour évaluer la santé économique, a pour sa part reculé pour la première fois en huit mois.

L'indice PMI composite de la zone euro est tombé à 50,7 en mars, contre 51,9 en février et une estimation préliminaire de 50,5.

Un chiffre supérieur à 50,0 indique une croissance de l'activité.

"Le PMI de mars indique que l'économie de la zone euro a déjà été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient", a déclaré Chris Williamson, chef économiste chez S&P Global Market Intelligence.

Les nouvelles commandes ont reculé en mars après s'être régulièrement améliorées depuis juillet dernier, pénalisées par une baisse de la demande de services.

Les commandes à l'exportation ont également reculé, la demande de services internationaux enregistrant sa plus forte baisse en six mois.

Les signes encourageants de croissance observés en début d'année ont été contrebalancés par la flambée des prix de l'énergie, les goulets d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement, la volatilité des marchés financiers et un nouveau ralentissement de la demande, souligne Chris Williamson.

De son côté, l'activité dans le secteur des services n'a guère progressé, s'établissant à 50,2 contre 51,9 en février, son plus bas niveau depuis 10 mois.

La croissance de la production manufacturière est toutefois restée solide.

L'Espagne a été en tête de la croissance parmi les principales économies, tandis que la France et l'Italie ont toutes deux enregistré des contractions.

La croissance en Allemagne a quant à elle ralenti pour atteindre son rythme le plus bas depuis le début de l'année.

L'emploi a reculé et la confiance des entreprises s'est effondrée, suscitant des inquiétudes quant aux embauches et aux investissements futurs.

L'inflation des coûts des intrants a atteint son plus haut niveau en un peu plus de trois ans et les entreprises ont augmenté les prix facturés à leurs clients au rythme le plus rapide depuis février 2024, même si cette hausse était plus modeste que la flambée de leurs propres coûts.

L'enquête prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,2% au premier trimestre, avec même un risque de contraction au cours du trimestre actuel, à moins que le conflit au Moyen-Orient ne soit rapidement résolu.

(Reportage Jonathan Cable, version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)